03/02/2016

SUITE ANNONCÉE - 2/2

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Suite Annoncée - 2/2

 

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« La seconde grande différence entre Juifs occidentaux et Juifs russes, c’est que plus ou moins entre 1917 et 1939, un sous-groupe particulier de Juifs (les bolcheviques) a eu le contrôle quasi-total de la Russie. Pendant cette période, les Juifs bolcheviques ont persécuté les Russes, en particulier les chrétiens orthodoxes, avec une haine véritablement génocidaire. Ceci est un fait historique dont la plupart des Russes sont très conscients, même si c’est encore considéré dans la plupart des cercles occidentaux comme un “crime de la pensée ”. Il est important aussi de souligner que les Juifs bolcheviques n’ont pas persécuté que les chrétiens orthodoxes mais tous les groupes religieux, y compris, soit dit en passant, les judaïques. »

Le Saker, « Poutine et Israël » 

 

Ceci mérite qu’on y revienne. Mais, quand on fait quelques recherches pour savoir, par exemple, dans quelle proportion les « juifs bolcheviques » ont eu le contrôle quasi-total de la Russie, on tombe sur les chiffres les plus fantaisistes. Pour les uns, c’est « plus de la moitié », pour les autres, c’est 4 sur 5, et pour d’autres encore, toutes ces allégations ne sont qu’inventions diffamatoires et antisémitisme bon teint.

Voici le genre de choses qu’on trouve :

En 1920 (le 8 février), Winston Churchill écrivait, pour l’Illustrated Sunday Herald, un long article consacré à la prise du pouvoir par les Bolcheviks en Russie.

En 1918 (le 5 juillet), un document du Département d’État US (N°861.00/2205) envoyé de Vladivostok par le Consul des États-Unis Caldwell disait : « Cinquante pour cent du gouvernement soviétique de chaque ville sont des Juifs de la pire espèce. »

En 1919 (le 1er mars), du Quartier Général des Forces expéditionnaires américaines en Sibérie, on trouvait ce télégramme du Chief of Staff, Capt. Montgomery Shuyler : « Il est sans doute imprudent de dire ceci à voix haute aux États-Unis, mais le mouvement bolchevique est et a été depuis ses débuts guidé et contrôlé par des Juifs russes de la plus graisseuse espèce ».

Un second télégramme du même Schuyler, daté du 9 juin 1919, expédié de Vladivostok, rendait compte de la constitution du présidium du Soviet dirigeant : « …Il y avait là 384 “commissars”, dont 2 Nègres, 13 Russes, 15 Chinois, 22 Arméniens ET PLUS DE 300 JUIFS. De ces derniers, 264 étaient venus des États-Unis en Russie, après la chute du gouvernement impérial ».

A la distance où nous sommes, une chatte n’y retrouverait pas ses petits. Concluons qu’ils ont été assez largement majoritaires dans tout ce qui a touché la révolution bolchevique. L’intéressant serait de savoir pourquoi, et surtout, quelle relation il peut y avoir eu entre la révolution bolchevique et la colonisation, brutale jusqu’au génocide, de la Palestine par le sionisme.

Ceux qui se sont penchés de façon critique sur ce dernier phénomène, l’attribuent à une plus ou moins grande intériorisation du Talmud. C’est le cas par exemple d’Aline de Diéguez, dans son incontournable somme « Aux sources du chaos mondial actuel ». Mais d’autres aussi. Qui l’ont lu, eux, ce fameux Talmud, alors que nous n’avons jamais eu ce courage. (Maxima Culpa !)

Et pourtant, du haut de notre ignorance et au risque de nous faire taper sur les doigts, nous nous permettons de formuler une autre hypothèse. Car enfin, ce qui caractérise avant tout les révolutionnaires de 1917, c’est qu’ils n’étaient plus juifs. (Le Saker dirait « judaïques »). En d’autres termes, ils avaient depuis belle lurette abandonné les croyances de leurs pères, et ce sont eux, d’ailleurs, qui ont imposé à l’URSS ce qu’ils ont appelé, erronément selon nous, le « matérialisme dialectique » comme philosophie d’état obligatoire. (Erronément parce que le matérialisme et le prosaïsme ne sont pas la même chose.)

C’est qu’entretemps, ils avaient lu Karl Marx, lequel avait posé le diagnostic, certes, mais pas, autant qu’on le sache, rédigé l’ordonnance pour le pharmacien. Est-ce Marx qui les a persuadés d’emboîter le pas à Babeuf plutôt qu’à Robespierre ? On n’a pas lu Das Kapital non plus, ce qui fait qu’on l’ignore. Ce qu’on n’ignore pas, c’est qu’ils se sont, ce faisant, fourrés le doigt dans l’œil jusqu’aux clavicules. L’idée qu’une avant-garde éclairée devait prendre à main armée la tête des masses ignorantes ne pouvait germer que dans des cerveaux infantiles, juifs ou autres. C’est même pire. Car quelle différence y a-t-il entre le despotisme éclairé de Joseph II et celui d’une avant-garde auto-proclamée ?

Ce n’est pas ici le lieu ni le moment de faire la critique du collectivisme. La seule chose qui nous importe est de savoir quel rôle pourraient y avoir joué des restes d’intériorisation du Talmud. Parce qu’on n’y croit pas vraiment.

Mais, alors, quoi ?

Et si la principale caractéristique des Juifs russes d’époque révolutionnaire, comme d’ailleurs des Israéliens de 1948 à nos jours, était leur nomadisme ? Soljénitsyne a prouvé qu’il fut quasi invétéré pendant les deux siècles qu’il a scrutés (quoique pas tout à fait, on le verra).

Supposons que les Bolcheviks ex-Juifs aient été en grande partie responsables des drames causés par la collectivisation forcée de l’agriculture… Certes, on a mis tout le barda sur les épaules de Staline, qui les avait larges. Mettons même que les responsabilités aient été partagées et les drames inévitables…

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Le tableau brossé par Soljénitsyne est terrible. Nous voulons parler de celui de la résistance à la sédentarisation tant souhaitée par les gouvernements tsaristes, puis par Staline lui-même. Il s’agit bien de deux siècles d’opposition opiniâtre à toutes les formes de séduction ou du moins d’une persuasion qu’on peut qualifier de généreuse… au détriment de la paysannerie russe, et ce, dans des proportions qui sont difficilement imaginables. Dons de terres cultivables, d’isbas neuves construites exprès pour eux, dons d’outils, dons de graines, dons de têtes de bétail, exemptions d’impôts pour des périodes de longue durée, exemption systématique de service militaire et on en passe. Alors que les moujiks n’étaient, eux, exemptés de rien et surtout pas du service militaire obligatoire, qui pouvait aller jusqu’à 25 ans sans solde. Et pourtant, rien n’y a fait. Toujours, les Juifs russes, généralement venus en masse de Pologne, préféraient fabriquer du tord-boyaux et aller le vendre de village en village, faire crédit à ceux qui n’avaient pas de quoi les payer, c’est-à-dire pratiquer l’usure, et accepter la dernière chemise de leurs débiteurs quand ils n’avaient plus rien d’autre pour payer de quoi oublier quelques heures une misère sans limites ni fin.

 

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Qu’est-ce qui les y poussait, sinon de longs siècles d’habitude et une répugnance extrême à « gagner leur pain à la sueur de leur front » en travaillant la terre ?

Nous avons dit « nomadisme invétéré », mais en réalité l’était-il tant que cela ? C’est l’honneur de Soljénitsyne d’avoir gratté avec bec et ongles pour découvrir « comment les choses s’étaient réellement passées ».

Et ce qu’il a découvert, c’est que jamais, les tsars, de Catherine II à Nicolas II, n’ont su à deux ou trois millions près combien ils avaient de sujets juifs. C’est que, jamais, ils n’ont eu affaire qu’à une frange de 1% au maximum de cette population qu’ils connaissaient si mal. Frange de 1% qui s’était, d’autorité, instaurée « go-between » entre ses co-religionnaires et les gouvernements successifs. Ce qu’il a découvert encore c’est que, chargés de lever l’impôt pour le compte de l’État, ces industrieux 1% ont roulé le gouvernement et roulé simultanément les autres membres de leur communauté, autrement dit saboté autant qu’il était en eux toute tentative de recensement sérieux, pressuré les uns à merci et trompé les autres sans vergogne sur le nombre des imposables, ce qui avait pour résultat d’arrondir de façon exponentielle un trésor de guerre qui leur permettait de disposer toujours des moyens requis pour acheter (lisez corrompre) les fonctionnaires les plus stratégiquement placés.

Pour que la grande masse de ces immigrés ou « nouveaux Russes », se laisse ainsi tondre jusqu’à l’os et maintenir dans des activités suicidaires pour eux-mêmes et meurtrières pour les autres, il importait qu’ils fussent tenus dans un bien pratique état de dépendance autrement dit d’obscurantisme. La religion (entendez des rabbins dociles) était là pour cela. Est-ce le Talmud qui leur interdisait de travailler la terre sous peine de damnation éternelle ? Oui, sans doute. Mais quelle version revue et corrigée et par qui ?

Est-ce à dire que les fameux 1% furent responsables de tout ce qui tourna mal, y compris des pogroms quand il y en eut ? Oui, certes, mais pas seuls. Car les tsars portent une grande part de responsabilité dans cet état des choses : s’ils avaient rempli avec conscience leur devoir d’état, justifié un tant soit peu leurs privilèges, ils eussent recensé eux-mêmes envers et contre tout les populations qu’ils avaient en charge, Juifs compris, établi des taux d’imposition supportables par tous et réparti équitablement les devoirs entre tous les Russes, sans considérer les uns comme des bêtes de somme dénuées d’âme et les autres comme des hétaïres qu’il faut se concilier.

Remplaçons le terme « go-between » juifs par « fermiers généraux » et nous avons la pente savonneuse qui a conduit les couronnés français à l’échafaud comme le couronné russe à sa cave de Tsarskoié Selo. N’avons-nous même pas vu, car l’Histoire adore se répéter, Nicolas Sarkozy éconduire un citoyen Français d’origine arabe d’un désinvolte « Voyez votre imam, il a mon numéro de téléphone ! », sans s’attarder à envisager que le plaignant pût ne pas être musulman ? Pour quoi faire ? Qu’ils mangent de la brioche !

Donc, si responsabilité juive il y a eu dans les excès meurtriers qui ont marqué les premières années de la Révolution russe, leur multiséculaire répugnance au sédentarisme y fut sans doute pour beaucoup, mais il faut compter avec les circonstances atténuantes que leur a trouvé Soljénitsyne.

Qu’en est-il des Israéliens d’aujourd’hui ? Que ceux-là aussi soient restés nomades crève les yeux. Le moindre des citoyens israéliens a au minimum deux passeports. Souvent trois ou quatre. Les gros bras au pouvoir en ont autant qu’ils veulent : quand ils en ont besoin, ils se les fabriquent. Et aucun, du plus humble citoyen de gauche à l’extrême droite du Likoud, ne se sent la moindre obligation envers ses autres « patries ». L’appartenance n’est pas leur truc.

Ceux qui ont vu, il y a huit ou neuf ans La visite de la fanfare, joli film israélien, se rappelleront peut-être le paysage désolé qui lui sert de cadre. Ce lotissement pour colons est une véritable antichambre de l’enfer : des tentes en béton.

 

 

C’est donc pour les remplacer par « cela » qu’ils ont arraché tant d’oliviers millénaires et massacré tant de gens : pour fabriquer un peuple d’occupants neurasthéniques. Est-il besoin d’autre rétribution ?

 

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Sans doute, mais… et la malédiction divine, le « Juif errant » et tout ça ?

Ne concerne que les Hébreux, pas les Khazars. Même si eux aussi semblent avoir été affligés de la même bougeotte invétérée. Au point qu’on ne serait pas du tout surpris d’apprendre qu’en choisissant d’imposer à ses hordes la religion des rabbins plutôt que celle des imams ou celle des prêtres du christianisme, le khan des Khazars l’ait fait parce que le judaïsme est avant tout une religion de nomades et que c’est ce qu’ils étaient.

Ces Hébreux véritables – on parle ici de ceux qui ne sont pas restés à planter des oliviers et à devenir musulmans – croira qui veut qu’ils ont été « dispersés » par un vilain empereur ou que la colère de leur dieu jaloux les a condamnés à errer sans fin.

Disperser totalement un peuple (et qui plus est à l’arme blanche) est une impossibilité matérielle. Il n’y a qu’à voir le mal que se donnent, depuis soixante ans, les Israéliens, pour se débarrasser de ce qui reste de la population palestinienne sans y parvenir, malgré les centaines de milliards de dollars d’armement meurtrier dont leur ont fait cadeau les USA et malgré même leurs arsenal atomique. Les Hébreux qui ont circulé dans tout le monde connu depuis vingt siècles l’ont fait parce qu’ils ne savaient ou ne voulaient rien faire d’autre. Ceux qui ont choisi de se sédentariser sont devenus des nationaux de leur pays d’ancrage et ont disparu en tant que juifs, quand bien même ils continueraient à pratiquer la religion de leurs pères.

Certes, ceux qui sont restés nomades ont, à certaines époques et à certains endroits, souffert de persécutions qu’ils ont partagées avec d’autres minorités (lépreux et paysans restés rétifs au christianisme jadis, Arabes et immigrés de toutes sortes aujourd’hui). Et toujours – même dans l’Allemagne hitlérienne et n’en déplaise aux alibis raciaux – les persécutions n’ont eu pour causes que la volonté de puissance et la rapacité.

 

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Pourquoi nous attardons-nous autant sur le problème du nomadisme des Juifs ? Parce que c’est l’antagonisme le plus ancien et le plus constant qui ait fracturé l’humanité. S’il faut en croire l’Ancien Testament, il a opposé les deux premiers fils d’Adam et Ève.

Cette histoire des deux frères – Abel et Caïn – est le scénario vieux comme le monde de la tribu « libertaire », non fixée, de chasseurs ou de pasteurs, arrivant en suppliante sur le territoire de la tribu « sédentaire » attachée à la glèbe, et qui finit par prendre sa place. Les suppliants peuvent fuir des désastres naturels ou sociaux, être des pasteurs privés d’eau par une sécheresse, des chasseurs ayant épuisé toutes les ressources d’un territoire, ou constituer tout simplement un excédent démographique, si la situation est vieille elle est toujours neuve.

 

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Dans le mythe d’Abel et Caïn, c’est parce que les offrandes sanglantes de l’arrivant Abel plaisent davantage à la divinité (et à ses prêtres) que les offrandes végétariennes du bouseux Caïn, que ce dernier se voyant évincé par celui qui avait reçu son hospitalité après avoir peut-être piétiné ses récoltes, le tue. Il le tue parce que ce sont les vainqueurs qui écrivent l’histoire et que, l’histoire étant juive, il fallait légitimer après coup son éviction, la justifier moralement.

 

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Byron a commis, sur le sujet, en 1821, un superbe mistère en vers, précisément intitulé Caïn, dont le personnage principal est Lucifer et le responsable du meurtre Yahwé lui-même.

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 Curieusement, on trouve, deux siècles et demi plus tôt, un sentiment d’identique fraternité avec Caïn chez un des plus grands visionnaires qui aient jamais foulé la terre : Giordano Bruno. Le fait est qu’aux mains de l’Inquisition de Rome et au quasi terme d’un procès qui durait depuis huit ans sans que jamais on en fût arrivé à dresser contre lui un acte d’accusation valable, un ancien compagnon de cellule (repenti d’époque ?) le dénonça pour lui avoir dit qu’il ne croyait pas à l’enfer et prenait le parti de Caïn contre Abel. Le reste était passé ou il s’en était rétracté, mais arrivé là, il préféra se laisser brûler vif plutôt qu’en démordre. Ainsi périt (le 17 février 1600) celui qui, avec sa pluralité et même son infinité des mondes avait dépassé Copernic et Galilée et avec sa théorie des atomes, précédé Einstein.

 

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Cependant, le récit vétérotestamentaire est loin d’être original et d’appartenir aux Hébreux. L’histoire, comme l’a écrit S.N. Kramer dans un grand classique « commence à Sumer », c'est-à-dire dans les environs de Bagdad. Et, comme à peu près toute les mythologies, qu’elles soient sémitique, perse, phénicienne, grecque, égyptienne ou autres du Monde Connu au début de notre ère, le mythe d’Abel et Caïn en provient. Ainsi, deux à trois mille ans avant que les premiers pasteurs de Judée commencent à se raconter ce qui deviendrait des siècles plus tard la Bible, l’histoire du nomade et du sédentaire se trouvait gravée en caractères cunéiformes sur des tablettes d’argile cuites au feu d’Uruk.

Certes, dans cette histoire d’origine, il ne s’agit pas de deux frères, mais de deux dieux – le dieu berger Dumuzi et le dieu fermier Enkimdu – et ce n’est pas à un dieu père qu’ils veulent plaire, c’est à une déesse fille, la vierge Inanna. Mais la situation est rigoureusement la même. Ce qui est différent, c’est que la jeune déesse courtisée par des présents ne veut pas entendre parler du dieu berger. Elle préfère l’autre. Entre alors en scène son frère, le jeune dieu soleil Utu, qui la presse d’accepter son champion, qu’elle devra finir par se laisser imposer. [L’explication, sur laquelle nous ne nous étendrons pas, est que nous assistons là à un moment de l’irrésistible ascension du patriarcat, face à la résistance vouée à l’échec d’un matriarcat déjà très affaibli, la vierge Inanna n’étant rien d'autre que ce qui reste de l’ancienne « Mère des dieux et des hommes ». On y voit, dans le resplendissant Utu, l’ébauche du futur Apollon, qui finira par avaler, l’un après l’autre, tous les autres dieux, même mâles, pour devenir à son tour l’ébauche du dieu unique.]

Allez, c’est notre semaine de bonté. La voilà :

 

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Écrite, il y a quelque 6000 ans, sur une tablette identique à celle-ci, à laquelle il manque quelques morceaux.

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Inanna :

« Moi, la femme, je ne serai pas, je ne serai pas celle-là.

[...] ... je ne [serai] pas [...],

[...] je ne serai pas l’épouse d’un berger ! »

 

Son frère, le jeune héros Utu, adressa la parole à la splendide Inanna.

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Utu :

« Inanna, ma soeur, c’est le berger qui doit t’épouser !

Jeune fille Inanna, toi, pourquoi ne consens-tu pas?

Sa crème est bonne, son lait est bon.

Tout ce que sa main touche resplendit,

Ô Inanna, laisse le berger Dumuzi t’épouser !

Ô toi qui portes des colliers, qui portes des colliers de coquillages,

Pourquoi n’y consens-tu pas?

Sa crème est bonne, son lait est bon !

Ce qu’il produit est magnifique !

Sa bonne crème, n’en mangeras- tu pas avec lui ?

Ô protection des rois, toi, pourquoi ne consens-tu pas? »

 

Inanna :

« Moi, le berger ne m’épousera pas !

Dans son manteau neuf il ne m’enveloppera pas,

Sa belle laine ne me couvrira pas !

Moi, jeune fille, moi, c’est le fermier qui m’épousera !

Le fermier qui fait croître le lin chatoyant,

Le fermier qui fait pousser l’orge en abondance … »

[...] ... [...]

(lacune d’environ six lignes) »

(…)

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Dumuzi :

« Le fermier, de plus que moi, le fermier, de plus que moi, qu’a-t-il donc de plus que moi ?

Enkimdu, l’homme du fossé, de la digue et de la charrue,

De plus que moi, le fermier, qu’a-t-il de plus que moi ?

S’il me donnait son vêtement noir

Je lui donnerais, à lui, le fermier, ma brebis noire en échange.

S’il me versait sa bière forte,

Je verserais pour lui, le fermier, mon lait crémeux en échange.

S’il me versait sa bière la plus enivrante,

Je verserais pour lui, le fermier mon lait kisima en échange.

S’il me versait sa bière diluée,

Je verserais pour lui, le fermier, mon lait-de-plante en échange

S’il me donnait sa bonne drèche,

Je lui donnerais, à lui, le fermier, mon babeurre.

S’il me donnait son bon pain,

Je lui donnerais, à lui, le fermier, mon fromage au miel en échange

S’’il me donnait ses petites fèves,

Je lui donnerais, à lui, le fermier, mes petits fromages en échange.

Quand j’aurais mangé, quand j’aurais bu,

Je lui laisserais ma crème de reste,

Je lui laisserais mon lait superflu !

De plus que moi, le fermier, qu’a-t-il de plus que moi ? »

(…)

« Elle est en ivresse, elle est en ivresse, la surface du sol humide est en

Ivresse ».

(…)

Le berger —,c’est un sol humide, c’est un sol humide —, le berger — c’est un sol humide —, y fit paître ses moutons.

(…)

Du berger qui avait fait paître ses moutons sur le sol humide,

Du berger, le paysan s’approcha, le paysan Enkimdu s’approcha.

Alors, le berger Dumuzi, dans sa steppe, voulut se quereller avec lui.

(Mais…)

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Enkimdu :

« Moi avec toi, berger, moi avec toi, pourquoi rivaliserais-je ?

Pourquoi lutterais-je ?

Certes, tu as fait manger l’herbe du sol humide à tes moutons,

Tu as fait brouter tes moutons parmi mes épis,

Tu leur as fait manger l’orge qui croissait dans le splendide champ d’Uruk,

Certes, tu as fait boire à tes chevreaux et à tes agneaux

L’eau de mon canal Iturungal, mais n’en parlons plus ! »

 

Dumuzi

« Moi, berger, est-ce parce que je suis l’époux que l’on a fait du paysan mon ami ?

Que l’on a fait du paysan Enkimdu mon ami ? »

 

Enkimdu (à Inanna) :

« Je veux t’apporter du froment, je veux t’apporter des pois, je veux t’apporter des lentilles gunida..

À toi, jeune fille, quelque chose digne de toi,

Je t’apporterai de la glu et des gu-MUNUS ».

[Ce passage est à double-sens érotique.]

« Ô vierge Inanna, il est doux de te louer ! »

 

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On aura remarqué que la fin, dans les deux traditions, n’est pas la même. Dans la version d’origine, les rivaux ne s’entretuent pas.

C’est que la société sumérienne était hautement civilisée. Elle avait de riches villes entourées de murs, une architecture évoluée, des temples, des champs cultivés, des canaux d’irrigation, une administration inventive, une écriture – la première au monde –, des écoles… Il importait donc, dans l’intérêt général, que nomades et sédentaires s’entendent, au prix de nécessaires compromis.

Celle des anciens Hébreux au contraire était une société ne connaissant que l’élevage de ses troupeaux, encore entièrement nomade, c’est-à-dire habituée à prendre où elle le trouvait ce qui lui convenait et à passer outre, sans plus d’intérêt pour les travaux des champs que n’en auraient, des millénaires plus tard, les Turco-Mongols venus de la steppe, qui n'en auraient rien à cirer de la meilleure manière de satisfaire les besoins alimentaires d’un empire de 182 millions d’habitants.

C’est pourquoi Abel ne pouvait que tuer son frère, pour ensuite écrire, dans son livre saint, « Caïn m’a tuer ».

 

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Mis en ligne le 3 février 2016.

 

 

 

20:03 Écrit par Theroigne dans Actualité, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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