16/04/2018

SUR LE BÂILLONNEMENT DE JULIAN ASSANGE

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Le 1er avril, M. Peter Koenig, dans un article sur l’expulsion en masse des diplomates russes, écrivait ce qui suit :

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« Ajoutant l’injure à l’insulte, le nouveau président de l’Équateur, Lenin Moreno, a depuis quelque jours, réduit au silence Julian Assange, responsable de Wikileaks, réfugié politique à l’ambassade d’Équateur depuis 2012. Assange ne peut plus communiquer avec quiconque, sous quelque forme que ce soit, et ne peut plus recevoir de visiteurs. La raison officielle d’après Moreno – traître à son peuple s’il en fut – est qu’Assange a tweeté une protestation contre l’arrestation, en Allemagne, de l’ex-dirigeant de la Catalogne Carles Puigdemont. Moreno a condamné Assange à l’isolement total à l’intérieur de l’ambassade équatorienne. Qui a donné à Moreno l’ordre d’agir de la sorte ? – Eh bien, je vous le laisse deviner. Ce qui est sûr, c’est que Moreno est devenu une pute, comme le sont la plupart des « dirigeants » occidentaux.

Mais la véritable raison est sans doute la sévère critique d’Assange envers le gouvernement britannique, en particulier Theresa May et son ministre des Affaires étrangères, pour les accusations vitrioliques injustifiées et les calomnies qu’ils ont proférées envers la Russie en général et le président Poutine en particulier, dans l’affaire des poisons « Skripal ». Assange ne peut pas quitter l’ambassade, sous peine d’être arrêté et extradé vers les États-Unis, où il encourt la torture et même pire, probablement la peine de mort. »

Source : http://www.informationclearinghouse.info/49122.htm

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades.

 

 

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Sur le bâillonnement de Julian Assange

 

Le légendaire cinéaste et journaliste John Pilger et Christine Assange, mère de Julian Assange, se sont entretenus avec Dennis  J. Bernstein et Randy Credico le 5 avril, sur la dernière tentative en date de réduire au silence le fondateur de Wikileaks.



John Pilger, Christine Assange, Dennis J. Bernstein, Randy Credico  – I.C.H.9 avril 2018

 

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Après non loin de six ans d’exil terré dans l’ambassade d’Équateur au cœur de Londres, le fondateur de Wikileaks et rédacteur en chef visionnaire Julian Assange vient de recevoir un nouveau coup bas ; Assange, qui a été exonéré de toutes les accusations dont il faisait l’objet, est désormais détenu au secret à l’intérieur de la minuscule ambassade, dans le quartier de Knightsbridge, à Londres.

Cette dernière agression contre Assange, ce débranchement de ses derniers instruments de communication, met ouvertement au défi les activités éditrices de Wikileaks et sabote le travail capital de ce service incroyablement important de publication de l’information à l’échelle de la planète.

Pendant ce temps, les gouvernements US et UK poursuivent leur démonisation bruyamment orchestrée d’Assange, qui fait désormais partie intégrante du frénétique « Russiagate » déchaîné en vue d’une nouvelle guerre froide et peut-être d’une IIIe guerre mondiale. En effet, les USA et le Royaume Uni continuent de le menacer. Aux États-Unis, certains sénateurs et l’actuel directeur de la CIA en passe de devenir Secrétaire d’État (Mike Pompeo) veulent qu’Assange soit condamné pour trahison et mis publiquement à mort. Ils menacent de l’arrêter, en violation flagrante de deux résolutions des Nations Unies et de leurs propres lois, dès qu’il mettra un pied hors de l’ambassade

Change.org a écrit, dans une déclaration accompagnant une pétition de soutien à Assange :

 

« C’est avec la plus grande inquiétude que nous avons appris que Julian Assange a été privé de l’accès à Internet et du droit de recevoir des visiteurs à l’ambassade d’Équateur à Londres. Seules des pressions extraordinaires de la part des gouvernements US et espagnol peuvent expliquer pourquoi les autorités équatoriennes ont pu prendre ces mesures affreuses et isoler ainsi Julien. Nous exigeons que l’isolement de Julian Assange cesse IMMÉDIATEMENT ! »

 

Dans les interviews qui suivent du célèbre journaliste et cinéaste John Pilger et de Christine Assange, mère du fondateur de Wikileaks, nous tentons de faire la lumière sur le cas fondamental de Julian Assange et de rappeler pourquoi il faut absolument qu’il soit affranchi de toute nouvelle persécution, de sorte qu’il puisse poursuivre sans entraves l’énorme travail qu’a accompli Wikileaks, qui est un des éditeurs les plus remarquables des lanceurs d’alertes anti-gouvernementales de l’histoire moderne.

 

Dennis Bernstein : Donc, il y a eu quelques changements à l’ambassade. Ils ont coupé l’Internet à Julian, son véritable lien vital. Il vit dans cette toute petite chambre depuis tant d’années, et voilà qu’ils essaient de la rendre encore plus petite. Pourriez-vous nous dire ce qui, à votre avis, est en train de se passer ? Lui avez-vous parlé ?

John Pilger : Non, je n’ai pas parlé à Julian. Ce n’est pas possible. Ils ont fait plus que lui couper l’Internet, ils lui ont aussi coupé le téléphone. Les autorités équatoriennes ont mis l’interdit sur toutes les formes de communication à l’ambassade. Ce qui est peut-être le pire de tout, on lui interdit de recevoir  des visiteurs. Je sais que ses avocats doivent se réunir aujourd’hui et il se peut qu’ils rencontrent les Équatoriens. Je ne sais absolument rien d’autre.

Vous imaginez sans peine l’effet que de telles mesures peuvent avoir sur quelqu’un qui est bel et bien emprisonné dans un espace très réduit, sans lumière du jour, depuis pas loin de six ans aujourd’hui. C’est tragique, et cela vient d’un petit pays qui a reconnu la justice dans le cas d’Assange et qui lui a donné l’asile politique.

Tout en n’excusant pas les décisions de ce gouvernement, il nous faut reconnaître qu’elles ont été prises sous la pression directe des États-Unis, qui s’y entendent à faire régresser tant de gouvernements soi-disant progressistes en Amérique latine. Ils ont coupé les communications à Julian juste un jour après que l’Équateur ait reçu une délégation du US Southern Command, le bras du Pentagone en Amérique Latine et dans les Caraïbes.

Le gouvernement de l’Équateur a essayé à peu près tout pour que justice soit faite à Julian. Il a négocié avec le gouvernement britannique pour que Julian puisse sortir de l’ambassade avec un sauf-conduit. On ne lui accorde même pas le droit de passage vers un hôpital.

Cette cruauté particulière est exercée sur Julian parce qu’il est l’incarnation de tout ce qui manque si absolument d’un bout à l’autre du spectre politique, dans les pays occidentaux. Il est devenu l’« ennemi » des gouvernements à l’Ouest.

Lui enlever son droit de communiquer est une agression contre la liberté d’expression en soi. C’est nous attaquer, nous, autant que lui. Je n’ai jamais rencontré quelqu’un d’aussi délibérément courageux que Julian. Ne sont pas du tout courageuses, en revanche, les prétendues oppositions, dont le silence rend sourd.

Dennis Bernstein : Assange est une variété très spéciale d’éditeur, qui pèse véritablement sur l’histoire et sur la manière dont nous nous en souviendrons. Mais il existe un chœur cynique de « journalistes » d’entreprise qui se moquent de ceux qui disent la vérité. C’est presque ridiculement démodé, maintenant, de dire la vérité, de rapporter honnêtement des faits.

John Pilger : C’est exact. Je suis journaliste depuis très longtemps et j’ai toujours estimé que le journalisme impose une certaine obligation d’avoir à trouver les moyens de dire la vérité. De déterrer les faits et de les livrer au public. Il en était ainsi bien longtemps avant qu’on se mette à parler de journalistes d’investigation, parce que tout journalisme devrait être d’investigation et devrait avoir pour objet de trouver la vérité et de la mettre au jour.

Julian Assange est maltraité de cette façon précisément parce qu’il fait ce que tout véritable journaliste devrait faire. Il trouve la vérité sur ceux qui essaient de manipuler et de contrôler nos vies, et, en disant la vérité, il les met en situation d’avoir à rendre des comptes. Pour cela il est soumis à une forme de torture. Être privé de tout contact est une forme de torture.

Julian a besoin de notre soutien de façon plus urgente que jamais.

Randy Credico : Entre nous, nous avons participé à cent programmes sur Julian Assange. John, vous avez donné le coup d’envoi le 1er avril de l’année dernière. J’étais si convaincu alors qu’il allait sortir de ce pétrin. Quelques mois plus tard, la Suède abandonnait ces accusations bidon contre lui. Où voyez-vous aller les choses, à partir d’ici ?

John Pilger : Ce qui arrive à Julian fait partie d’une campagne très agressive contre la démocratie, contre la dissidence. À l’heure actuelle, cette campagne entre dans une phase critique.

Nous assistons à une provocation massive contre la Russie. Nous nous retrouvons avec le plus grand déploiement militaire depuis la IIe guerre mondiale aux frontières occidentales de la Russie. En même temps, nous avons le plus grand déploiement militaire depuis la IIe guerre mondiale dans le Pacifique. Le problème, ici, c’est que la domination des États-Unis est mise en question. C’est ce qui est si intolérable.

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Cette campagne pour provoquer les deux puissances de la Russie et de la Chine a atteint une sorte de masse critique. C’est très dangereux. On parle beaucoup d’une guerre commerciale. Ce dont on devrait parler, c’est de la perspective d’une guerre frontale. Les provocations à l’égard de la Russie sont en ce moment si extrêmes.

Cette histoire Skripal en Angleterre s’est révélée depuis un jour ou deux avoir été montée de toutes pièces. Les rapports des laboratoires ont coupé l’herbe sous les pieds à tout l’establishment sécuritaire britannique, en déclarant qu’il n’existait pas de preuve de l’implication de la Russie dans cette affaire. Toute cette prétendue attaque est un aberrant coup monté. Mais pourquoi ?

Cela fait partie d’une campagne quasiment inexorable pour en arriver à un tel point avec la Russie que les Russes soient forcés d’y répondre militairement. C’est ainsi que les guerres commencent. Je crois qu’il y a plus de danger maintenant qu’il n’y en a jamais eu à aucun moment de la première guerre froide

Ce à quoi nous assistons ici, dans le cas de Julian, c’est à la phase finale d’une longue campagne contre Wikileaks dont le but est de criminaliser le journalisme. Un document de 2008 que Wikileaks a publié montrait clairement qu’un organisme, à l’intérieur du Pentagone, avait établi un plan d’action contre Wikileaks. La stratégie arrêtée consistait à détruire la confiance du public en Wikileaks et à détruire son éditeur. C’était le plan il y a dix ans, et c’est ce plan qui continue d’être mis en œuvre aujourd’hui.

Ce document dit très clairement que la menace vient de la vérité. Wikileaks a fait son apparition cinq ans après l’invasion de l’Irak, laquelle a été déclenchée après que le gouvernement ait menti sur les armes de destruction massive. Ce mensonge a servi à justifier l’invasion de l’Irak. L’invasion de l’Irak a tué plus d’un million de personnes et provoqué la fuite de quatre millions d’autres de leur pays.

L’affaire d’empoisonnement de Salisbury a tout à fait l’air d’un mensonge de même nature. Mais nous ne parlons plus, cette fois, de guerre avec un pays du moyen Orient. Nous parlons de guerre avec la seconde puissance nucléaire du monde.

Dennis Bernstein : S’agit-il d’un nouvel incident du Golfe du Tonkin ?

John Pilger : Le golfe du Tonkin paraît bien bénin, comparé à certains des coups montés qui ont conduit à des guerres depuis lors. J’ai peur que celui-ci  serve de justification non à une invasion mais à une espèce de guerre de constante intimidation.

Mais, comme Poutine l’a fait clairement savoir, la Russie n’a pas l’intention d’accepter ce jeu. Tout cela frise la démence collective et ne peut finir que dans la guerre la plus monstrueuse imaginable, une guerre qui dévasterait entièrement, des deux côtés, les pays les plus exposés comme la Grande Bretagne. Ceux qui osent s'opposer à cela doivent être balayés, les plus éminents étant Julian Assange et Wikileaks.

Quand on se souvient de 2016 et des e-mails divulgués de John Podesta, qui révélaient le lien direct entre la Fondation Clinton et le jihadisme organisé au Moyen-Orient, on se rend compte que cette révélation en disait plus sur les machinations d’une grande puissance que n’importe quoi d’autre qui ait été publié sur bien des années.

 

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On peut dire la même chose de la révélation par Wikileaks des meurtres collatéraux divulgués par Brad (Chelsea) Manning. Cette simple vidéo a eu le pouvoir d’informer les peuples du monde entier sur la manière dont leurs gouvernements mènent les guerres. Elle a changé ou renforcé la perception qu’en avaient des millions de gens. Une guerre a été déclarée à cette sorte de journalisme.

Randy Credico : Vous pouvez voir ce clip dans le documentaire de John Pilger The War You Don’t See  [« La guerre que vous ne voyez pas », ndt].

John Pilger : Ce film, que j’ai fait en 2013, consiste principalement en interviews que j’ai faites d’éminents journalistes mainstream des deux côtés de l’Atlantique. Leur message collectif a été que, si les médias n’avaient pas fait écho en les amplifiant aux tromperies et aux mensonges des gouvernements, il y a de fortes chances pour que cette guerre n’eût jamais eu lieu, et toutes ces personnes massacrées seraient encore en vie aujourd’hui, ISIS n’existerait pas et il pourrait même y avoir le début d’une sorte d’espoir au Moyen Orient.

Nous ne devrions pas l’oublier quand nous pensons à la situation actuelle, alors que les gouvernements occidentaux s’acharnent si fort à provoquer la Russie et la Chine. Nous avons 400 bases militaires autour de la Chine, mais vous n’en entendez pratiquement pas parler par les médias. La Russie est littéralement encerclée. Si les gens n’apprennent pas ces incroyables vérités, rien ne sera fait.

Dennis Bernstein : C’est exactement pourquoi nous avons tellement besoin de l’information structurée que livre Assange. Et c’est exactement la cause pour laquelle ils veulent le mettre hors du chemin.

 

Christine Assange

Cette interview de la mère d’Assange, Christine Assange, fait partie d’une série d’émissions de Radio WBAJ [Caroline du Sud, ndt] produites par Randy Credico : Live on the Fly [« Vivre à la volée », ndt]. Flashpoints [« Point d’éclair », ndt], sur Radio Pacifica [Californie, ndt], a joint ses forces à celles de Live on the Fly pour continuer à travailler et à lutter pour faire libérer notre frère journaliste et combattant de la liberté Julian Assange.

L’interview de Christine Assange par Credico et Bernstein a été diffusée sur les ondes de Radio Pacifica Nationale, le 5 avril.

 

Dennis Bernstein : Randy et moi avions espéré que ceci serait l’occasion de fêter quelque chose et d’avoir Julian sur l’autre ligne. Malheureusement, il n’en est rien. Pourriez-vous nous mettre au courant de la situation, nous dire où en sont les choses ?

Christine Assange : John (Pilger) a dit que nous en sommes à un stade très critique avec la Russie, à cause de la propagande faite autour de cet empoisonnement au Royaume Uni. Comme vous savez, on a découvert qu’il n’avait rien à voir avec la Russie.

Je voudrais dire que nous en sommes aussi à un stade critique en ce qui concerne la vie et la liberté de Julian. Les deux situations sont liées. Par exemple, le jour avant que les communications de Julian avec l’extérieur soient coupées, un membre du Parlement anglais a demandé : « Est-ce qu’il ne serait pas grand temps que nous passions à l’action contre l’ambassade équatorienne ? ». Il n’était pas heureux de ce que Julian a tweeté sur la réaction du gouvernement britannique à l’affaire de Salisbury

Les doutes de Julian se sont avérés justifiés, puisque le laboratoire de Porton Down affirme à présent catégoriquement qu’il n’existe pas de preuves reliant la Russie à l’affaire. En outre, Julian avait été invité à apporter des preuves sur les affaires Cambridge Analytica et Facebook, ce qui fait qu’il y avait aussi ces puissants motifs de vouloir le faire taire.

Entretemps, l’armée US s’invitait en Équateur, où elle était venue augmenter la pression pour obtenir que Julian soit livré aux États-Unis. Nous le savons, parce que l’ex-ambassadeur Craig Murray a révélé que les USA ont dépensé 87 millions de dollars pour tenter de renverser le président Rafaël Correa, qui avait accordé l’asile politique à Julian devant les menaces qui pesaient sur sa liberté et sur sa vie.

Maintenant, la pression s’exerce sur le nouveau président (Lenin Moreno). Dès avril 2017, les États-Unis étaient sur la ligne de départ pour s’en prendre à Julian. Et tous en étaient. Pompeo, qui vient d’être promu Secrétaire État, veut arrêter Julian une bonne fois pour toutes. John Bolton, qui vient d’être nommé Conseiller à la Sécurité Nationale, a déclaré que le gouvernement devrait faire une cyberguerre à Wikileaks pour avoir divulgué les e-mails Clinton et le scandale du piratage de la CIA. En 2010, Trump a dit que ceux qui étaient responsables du dévoilement Wikileaks devraient être condamnés à mort.

Dennis Bernstein : Ce n’est pas surprenant que tout soit mis en œuvre pour faire taire Julian Assange dans le contexte du scandale de Salisbury. La machine Clinton n’en finit pas d’attiser les flammes de ce Russiagate et semble disposée à risquer la IIIe guerre mondiale pour prouver que Hillary n’a pas perdu l’élection parce qu’elle était une candidate abominable.

Christine Assange : Julian était aussi en train d’informer honnêtement sur ce qui se passait en Catalogne, ce qui aux yeux de certains  est absolument honteux. Il n’y a pas besoin d’être partisan de l’un des deux côtés pour dire ce qu’on pense d’une répression brutale qui s’abat sur les droits démocratiques. La raison qu’a invoquée l’Équateur pour couper toutes communications à Julian est un simple tweet concernant le président élu de la Catalogne, qui vient d’être emprisonné. La réaction du gouvernement espagnol ne peut être décrite que comme fasciste, et quiconque soutient la démocratie devrait s’y opposer.

Randy Credico : En partie à cause du courageux tweet de Julian, les Allemands ont maintenant relâché Puigdemont et ils ne le livreront pas à l’Espagne. Je crois qu’un certain nombre de facteurs concourent à cette dernière persécution en date de Julian. D’abord son compte-rendu sur la Catalogne, ensuite ce qu’il a dit de la précipitation mise à juger témérairement dans l’affaire Skripal, enfin l’attaque contre lui au Parlement. Quelques jours plus tard, ils l’ont « débranché ».

Christine Assange : Le pouvoir aligne. Le combat pour la liberté, dans le monde entier et en tout temps, a été un combat contre le pouvoir corrompu. Nous en sommes arrivés à un point où nous avons vraiment besoin de pouvoir populaire.

J’aime la citation d’Orwell, qui a dit que s’il y a de l’espoir, il est dans le prolétariat. Tout au long de l’histoire, ce ne sont en général pas les dirigeants qui ont assuré nos droits. C’est le peuple qui s’est levé et qui a exigé de ses chefs qu’ils agissent conformément à ses intérêts. Nous sommes à un tournant décisif de l’histoire où, comme l’a dit John (Pilger) nous sommes confrontés à une guerre planétaire en même temps qu’à une guerre contre le journalisme.

Trois pétitions ont déjà été envoyées au président de l’Équateur, une d’un groupe d’anciens officiers du renseignement US qui soutiennent Julian, une d’un groupe d’intellectuels internationaux et une du Mouvement des Travailleurs sans Terres du Brésil. Il est important aussi que nous nous engagions dans des actions telles que celle de la vigile Internet « Reconnectez Julian », où de véritables journalistes d’un peu partout dans le monde et de simples utilisateurs se sont rassemblés et font pression sur les États-Unis pour qu’ils s’abstiennent de forcer l’Équateur à réduire Julian au silence.

Randy Credico : La dernière fois que vous avez parlé à la radio, Christine, vous avez dit : « Nous avons besoin de guerriers de Wikileaks, pas d’angoissés de Wikileaks » [jeu de mots sur l’anglais warriors, « guerriers » et worriers, « angoissés », ndt]

Christine Assange : Nous travaillons à construire un réseau planétaire, pour faire en sorte que les gens puissent rapidement se joindre à des actions planifiées. Nous avons un pseudo sur Twitter : « Assange Action », le hashtag « Reconnect Julian » et le hashtag « Unify for J.A. ». Il faut aussi que nous fassions descendre tout cela dans les rues, parce que c’est là que les changements prennent leur source. Un bon exemple est la veillée historique de citoyens du Royaume Uni à l’extérieur de l’ambassade d’Équateur, qui dure maintenant depuis six ans.

 

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Il y a eu des tas d’actions de soutien à Julian avant même qu’il aille se réfugier à l’ambassade d’Équateur. L’Équateur a fait preuve de principes, d’éthique et de courage en protégeant Julian. Mais aujourd’hui, avec le changement advenu dans la direction, le gouvernement équatorien subit des pressions extrêmes et semble vaciller.

Randy Credico : Y a-t-il un message que vous voudriez envoyer au président Moreno ?

Christine Assange : Battez-vous pour la souveraineté de votre pays. Vous avez une fabuleuse constitution qui pourrait servir d’exemple de démocratie au monde. Ne laissez pas tomber l’Équateur. Ne laissez pas tomber Julian. Ne laissez pas tomber la notion de presse libre.

_______________

Dennis J. Bernstein est l’animateur de Flashpoints sur les ondes de Radio Pacifica. Il est l’auteur de Special Ed: Voices from a Hidden Classroom (« Édition spéciale : Voix en provenance d’une salle de classe cachée ».  On peut consulter ses archives audio sur www.flashpoints.net

 

Source : http://www.informationclearinghouse.info/49181.htm

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

 

 

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Mis en ligne le 16 avril 2018.

 

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13:03 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

INTERRUPTION MOMENTANÉE DE PAUSE...

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Interruption momentanée de pause pour cause de triple urgence

(Nous ne sommes pas en mesure de faire autre chose que relayer)

 

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« Le peuple peut, quand il lui plaît, changer son gouvernement, et révoquer ses mandataires » Robespierre, Projet de déclaration des droits, 24 avril 1793

 

 

Un ennemi de l’État de droit (français et international) siège à l’Elysée

Georges GASTAUD & Annie LACROIX-RIZ

Le Grand Soir  – 14 avril 2018

 

 

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Par Georges Gastaud* et Annie Lacroix-Riz**. Texte soutenu par Léon Landini, ancien officier des FTP-MOI, Médaille de la Résistance, officier de la Légion d’honneur, et Pierre Pranchère, Combattant volontaire de la Résistance, ancien député communiste. Georges Gastaud est philosophe, secrétaire national du Pôle de Renaissance Communiste en France (PRCF) Annie Lacroix Riz est historienne, professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université de Paris VII.

L’oligarque que les manips médiatiques et l’usage machiavélique du repoussoir lepéniste ont placé à l’Élysée n’aura pas mis un an à révéler sa vraie nature : celle d’un redoutable ennemi de ce qu’il est convenu de nommer « l’État de droit ».

Sur le terrain linguistique, Macron viole imperturbablement l’Article II-a de la Constitution qui dispose que « la langue de la République est le français » : « Make the planet great again ! » est l’intitulé d’un site officiel de l’Élysée, « France is back ! » est le slogan que Macron a promu dans ses discours, prononcés en anglais de Versailles à Davos, devant les P.-D.G. de multinationales ; sans parler du Business Globish incompréhensible qui larde de pédantisme « managérial » les allocutions de l’ex-Young leader devenu trader chez Rothschild. Comment se fait-il qu’aucun député, qu’aucun sénateur, qu’aucun média de masse, qu’aucun quotidien national ou régional n’ait durement pointé ces infractions graves et répétées à la Constitution, traitée en chiffon de papier, et à la langue française, que Macron a feint d’honorer devant une Académie française majoritairement frappée de servitude volontaire ?

Et voilà que désormais, Macron viole ouvertement l’Article II de la Loi laïque de 1905 (qui fait partie du « bloc de constitutionnalité ») en discourant devant les évêques pour affirmer que « le lien entre l’État et l’Église a été abîmé » et qu’il entend désormais le « réparer » en dialoguant systématiquement avec la hiérarchie catholique. Or cet article de la Loi séparant l’État des Églises dispose que « la République ne reconnaît ni ne salarie aucun culte ». En conséquence de quoi, nul président de la République, nulle personnalité censée représenter l’État, ne sont autorisés à cultiver, dans l’exercice de leurs fonctions, un « lien » parfaitement illégal et anticonstitutionnel entre l’État républicain et tel ou tel culte, qu’il soit catholique, protestant, juif (on pense aux éternels « dîners du CRIF », cette machine à blanchir les crimes de guerre de Netanyahu) ou musulman (on pense à la volonté acharnée de certains de établir un « Islam de France » : c’est-à-dire en clair, à mettre en place un concordat totalement contraire à la lettre comme à l’esprit de la loi de 1905.

Bien entendu, la secrétaire d’État Marlène Schiappa, qui se prétend laïque, se tait, comme si le cléricalisme, cette sempiternelle alliance antipopulaire du Trône et de l’Autel, n’avait pas été de tout temps l’ennemi de l’égalité hommes/femmes. Là encore, peu nombreuses sont les réactions qui vont à l’essentiel : la forfaiture que constitue ce discours d’un chef de l’État qui piétine la légalité constitutionnelle ; au contraire, le Parlement et la grande presse sont majoritairement complices, voire enthousiastes ; quant à l’« opposition », elle est plutôt discrète si l’on excepte quelques dignes voix insoumises qui gagneraient en efficacité si, sortant de la seule indignation, elles rappelaient précisément le texte de la loi de 1905 en pointant son indubitable violation par le chef de l’exécutif. On espère au moins que les catholiques progressistes et laïques protesteront puisque Macron a même eu le culot, le 9 avril 2018, de dicter aux évêques ce que devrait désormais être leur « engagement », bafouant ainsi le principe laïque – protecteur des convictions de chacun ! – que Victor Hugo formulait ainsi : « l’État chez lui, l’Église chez elle ». On savait certes que la cinquième « République », décadente et en voie de dissolution dans l’UE néolibérale, cléricale et atlantique, est devenue incapable de susciter des Jean Moulin ou des Ambroise Croizat : on constate qu’elle peine désormais à secréter, ne serait-ce qu’un nouveau Gaston Monnerville appelant à destituer les fauteurs de forfaitures suprêmes ! À quand donc une manifestation nationale combative des vrais républicains appelant le peuple à refuser le dynamitage en marche de la République souveraine, laïque, sociale, une, démocratique et indivisible dont l’actuelle constitution se réclame encore en principe !

Cette même légalité que Macron interprète dans sa forme la plus inexorable quand il s’agit, contre « la rue », de matraquer les écolos de Notre-Dame-des-Landes, de traquer des migrants calaisiens, de soutenir d’indignes doyens attentant aux franchises universitaires, ou de briser la grève cheminote par tous les moyens possibles, qu’ils soient médiatiques, économiques (propagande éhontée sur les autoroutes pour le covoiturage, utilisation de fait de jaunes sans honneur pour tirer des trains, réquisition maximale des « bus Macron ») et, n’en doutons pas, répressifs et policiers le moment venu si la mollesse de nos réactions ordinaires laisse accroire à Macron-Thatcher que la chose est devenue « jouable ».

Citoyens qui lisez ceci, ne haussez pas les épaules en disant : « détails que tout cela : vu ce qui se passe sur le terrain social, les entorses à la langue et à la laïcité institutionnelle sont peu de chose ». Faux ! Toutes ces “ défaisances ” de ce qui subsiste de la nation républicaine marchent du même pas : en réalité, la liquidation des maigres garanties constitutionnelles que la Cinquième « République » en voie d’auto-dilution dans une UE de plus en plus dictatoriale, accordait aux citoyens, accompagne logiquement la casse méthodique des conquêtes sociales de la Résistance et de l’indépendance nationale, qui les rendait possibles.

Avec qui plus est, sous la poussée belliciste de Hollande et de la « gauche » impérialiste, type Libération, la décision aventuriste de frapper la Syrie souveraine au risque d’affronter l’armée russe et de déstabiliser la paix mondiale. À l’instar de Bush et de Trump, Macron ignorerait ainsi le droit international en contournant cyniquement l’ONU (les veto russe et chinois sont dits « scandaleux » quand ils protègent le Proche-Orient contre les faucons étasuniens alors que le veto américain est tout naturel quand il protège le boucher Netanyahu d’une condamnation de la « communauté internationale » : parlementaires français et presse sont, là encore, très majoritairement complices de ce deux poids/deux mesures monstrueux !).

S’il en est temps encore, il urge de comprendre ce dont Macron est le nom : celui d’une casse tous azimuts, au profit de l’oligarchie capitaliste, de l’héritage progressiste français. D’une casse « en même temps » sociale, industrielle, nationale, scolaire, universitaire, diplomatique et institutionnelle qui ne fait que s’aggraver depuis, au moins, l’élection (sous influence de l’argent étranger ?) de Nicolas Sarkozy. Une casse qui deviendra vite irréversible si la gauche populaire continue d’éluder l’indispensable lutte pour une sortie, par la voie progressiste, de cette construction euro-atlantique qui mène notre pays vers la mort, le reniement et le déshonneur.

C’est pourquoi il est indécent d’entendre la gauche politico-syndicale établie bêler à l’unisson sur la « légitimité » de Macron, pour lequel, il est vrai, Mme et MM. Groison, Laurent, Berger, Martinez, etc., ont appelé à voter le 6 mai 2017 en présentant le bulletin Macron comme un rempart antifasciste. Et en oubliant pour l’occasion que l’actuelle « majorité parlementaire » a été « élue » sur la base d’une participation extrêmement minoritaire des citoyens (44% des inscrits se sont déplacés, 56 % ont boycotté de fait le second tour des législatives : c’est le taux le plus bas de participation jamais atteint sous les quatre dernières Républiques !). En outre, aurions-nous déjà oublié que ce « président » pseudo-« jupitérien », officie dans le cadre du Traité de Lisbonne, ce clone de la « constitution européenne » qu’avait pourtant rejetée le 29 mai 2005, et avec elle le drapeau et l’hymne européen mentionnés dans le TCE et officialisés par Macron, le vote du peuple souverain ?

Oui, un « président de la République » aussi mal « élu » et violant à ce point la loi républicaine (fût-ce celle d’une « démocratie » bourgeoise de plus en plus rabougrie), oui, un « président de tous les Français » lançant contre les cheminots une contre-réforme que ne mentionnait nullement le « pacte présidentiel », oui, un « chef de l’État » inscrivant l’état d’urgence liberticide dans la loi ordinaire, harcelant sans relâche le monde du travail et la jeunesse populaire (c’est-à-dire 90% de la nation !), oui, un président qui annonce déjà qu’il violera au besoin le droit international en Syrie (Macron a déclaré qu’il frapperait l’État syrien, quoi que décide le Conseil de Sécurité !), autrement dit, un chef des armées et de la diplomatie qui annonce cyniquement qu’il est prêt à enterrer l’ONU sans égards pour la paix mondiale, oui, un « président » censé protéger la Constitution et exécuter la loi commune, mais qui, dans les faits, les viole constamment en toute impunité, oui un tel « président » est illégitime. Les militants, anciens résistants et intellectuels communistes que nous sommes, resteront-ils encore longtemps presque seuls à le dire ?

Que ceux qui accablent ordinairement le communisme de l’épithète infamante de « totalitarisme » mais qui refusent de voir la fascisation galopante de l’agonisante « démocratie française », prennent donc dix secondes de recul avec l’anticommunisme obsédant qui leur obstrue la vue ; qu’ils méditent une minute, en l’appliquant à Macron, le mot de Lénine : « L’impérialisme, c’est la réaction sur toute la ligne », et ils verront vite qu’il ne s’agit pas là hélas, d’une formule polémique et « datée », mais bien d’un constat incontestable, plus vrai et plus actuel que jamais, dont tous les démocrates véritables doivent tirer au plus tôt, avec courage et détermination, toutes les conséquences militantes.

Source : https://www.legrandsoir.info/un-ennemi-de-l-etat-de-droit...

 

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Allons enfants… Halte à la guerre infâme !

Michel Raimbaud – 12 avril 2018

 

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Une guerre implacable, sauvage, meurtrière et destructrice, fait rage en Syrie depuis mars 2011. Devenue universelle grâce au renfort venu de 120 pays que l’Empire Atlantique a pu attirer dans sa galère, elle menace ces jours-ci de dégénérer en un conflit mondial au sens plein et entier du terme.

Beaucoup parmi les plus optimistes n’en sont plus à se demander si la guerre des Trois (États-Unis, France, Grande-Bretagne) aura lieu ou non, mais si elle s’allumera demain ou après-demain. On a beau en refuser la perspective tant elle heurte la raison, les réalités sont là. Il est évident que la nouvelle guerre froide que l’on a vu apparaître depuis une décennie entre l’Occident et ses complices d’une part, la Russie et ses alliés d’autre part vire peu à peu à la guerre ouverte. Si le monde arabo-musulman est le théâtre privilégié et l’enjeu géopolitique de cet affrontement global entre l’Empire Atlantique déclinant et l’Eurasie renaissante ou émergente, la Syrie en est l’épicentre, pour diverses raisons, géopolitiques et stratégiques notamment.

Dans nos « démocraties » occidentales qui unilatéralement se disent grandes, les « élites » qui ont soumis les populations à un lessivage de cerveau sans précédent font semblant de croire encore à la narrative mensongère, immorale et imbécile injectée depuis sept ans dans les méninges ramollies par le « mainstream » médiatique, universitaire et politique. Il serait étonnant que ces esprits pleins de morgue et de suffisance y croient vraiment : ce serait d’ailleurs inquiétant pour leur santé mentale. Écartant donc l’hypothèse, on retiendra plutôt qu’ils ont trouvé un fonds de commerce gratifiant dans cette gigantesque escroquerie intellectuelle et qu’ils ont réussi à l’acclimater sous nos latitudes où l’on se dit cartésien, puisqu’elle provoque si peu de réactions… Pour l’instant !

Si elles avaient une mémoire collective, les opinions se souviendraient du sort de l’Irak, de la Somalie, de la Libye…peut-être de l’ex-Yougoslavie, voire du Yémen où destructions et massacres se poursuivent sous l’égide de l’ami stratégique imprévu qu’est le jeune Mohammed Ben Salman, étreint avec effusion par notre ministre des affaires étrangères lorsqu’il débarque tel le Messie. Elles reverraient Colin Powell brandissant ses fioles venimeuses et chimiques pour justifier une invasion de l’Irak et son démantèlement. Pas de sa faute : il était, dira-t-il la bouche en coeur, mal informé par ses « services ». Mais les opinions « civilisées » (que l’on appellerait dédaigneusement « rues » si elles étaient « arabes ») sont anesthésiées par le flot de désinfo et de désintox, hébétées par les débats de société qui leur sont proposés ou imposés, toujours anecdotiques et marginaux. La guerre ou la paix ? Bof. Quant aux élus, ils sont superbement ignorés : à quoi pourraient-ils servir ?

Frétillant comme son prédécesseur Hollande à l’idée de participer aux frappes contre la Syrie et le « régime de Bachar », Macron, qui réserve ses pensées complexes à son ami Trump, esprit bien connu pour sa subtilité, ose qualifier cette nouvelle attaque illégitime, arrogante et dépravée de « devoir moral ». Devons-nous nous habituer à voir par les nuits sans lune nos dirigeants se tortiller sur leur fauteuil, le doigt sur le bouton et le petit doigt sur la couture du pantalon, attendant le feu vert des fous du Pentagone ou de la Maison-Blanche pour lancer leurs engins meurtriers sur la Syrie qui ne les a jamais agressés ? Quelle sinistre comédie ! Comme si 400.000 morts, 13 ou 14 millions de réfugiés, exilés ou déplacés, un pays ravagé, ne suffisaient pas à combler le sens moral de ces hautes consciences. Après sept ans de mensonges éhontés, de destructions systématiques, de méfaits innommables, peut-on vraiment dire que « le respect de l’autre » est une « valeur de l’Occident » ?

À la vue des séances consacrées à la Syrie et à l’audition des échanges qui les agrémentent, on peut dire que la prestation – navrante - du Conseil de Sécurité témoigne de la ruine globale du système international. Adieu aux vagues espoirs que l’on pouvait nourrir quant aux capacités des Nations-Unies et à son instance suprême en matière de paix et de sécurité à imposer un ordre pacifique. Les principes fondateurs du droit onusien, tels que les énonce la Charte fondatrice de San Francisco, ne sont plus ni respectés ni admis comme références par l’ensemble des États représentés à l’Assemblée Générale et certains des membres permanents du Conseil de Sécurité les bafouent sans même s’en cacher, ou les ignorent superbement. Les Trois Occidentaux, qui osent s’identifier sans complexe à la « communauté internationale » alors qu’ils représentent 7 à 8% de la population mondiale, constituent en effet le corps de bataille du parti de la guerre et du chaos, leurs adversaires – Russie, Chine, Iran, Syrie, etc…– représentant sans ambigüité le camp de la légalité et du droit.

Au-delà du droit, c’est la diplomatie qui est en danger. Bien plus que le clivage Est/Ouest nouveau modèle, il faut incriminer la perte des us et coutumes, des pratiques, des normes et du langage de la diplomatie. Comment justifier le honteux spectacle des représentants occidentaux maniant la menace, l’injure, le mensonge et les propos aberrants dans l’enceinte du Conseil, transformé en parterre d’enragés et de falsificateurs ? Comment qualifier le grossier personnage élu par l’Amérique profonde et soutenu par son État profond dès lors qu’il bombarde ?

Elephantman dans un magasin de porcelaine, il incarne mieux que tout autre avant lui le système que suggéraient, il y a quasiment un demi-siècle, Nixon et Kissinger dans la théorie du Mad Man : l’Amérique doit compter parmi ses dirigeants des cinglés dont l’imprévisibilité sera de nature à terroriser ses ennemis. M. Trump twitte parmi nous. La France ne vaut guère mieux. Elle fait partie de ces pays qui « prétendent dire le droit » tout en le violant à l’occasion, comme le reconnaissait implicitement son président en décembre dernier dans une interview à France 2. La voilà qui se joint au régime trumpiste criminel pour clamer qu’elle procèdera à des frappes contre la Syrie, avec ou sans résolution du Conseil de Sécurité. Alors que son siège permanent est lorgné par de grands amis comme l’Allemagne, ne risque-t-elle pas de perdre à jamais son statut « privilégié » en s’affichant ainsi prête à bombarder sans mandat un État-membre, après avoir contribué à sa destruction et tenté de renverser son président légitime ?

Ne scie-t-elle pas la branche sur laquelle elle est majestueusement assise, cette France qui naguère tenait la Charte onusienne pour une Bible et fondait sa diplomatie sur la légalité internationale, et qui désormais en bafoue régulièrement les principes majeurs : égalité souveraine des États, non-ingérence, droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et droit des États à choisir leur régime politique sans ingérence étrangère ? Cette France que l’on écoutait souvent, la « trouvant juste même lorsqu’elle se montrait injuste ».

Revenons aux fondamentaux. Malgré la phrase sacro-sainte qui, en Occident et dans notre Hexagone, sert de gilet pare-balle aux mieux intentionnés, rappelons que Bachar Al Assad, président légitime d’un pays en guerre, sans qui la Syrie ne serait plus qu’un souvenir, fait seulement son devoir. On servirait moins souvent la rengaine qu’il n’est « pas irréprochable » si l’on posait la question de l’honorabilité de ses ennemis ou détracteurs, qu’ils soient sauvages ou mal dégrossis, ou délicats et donneurs de leçons. Irréprochables, les dirigeants des « grandes démocraties » ? Irréprochables, ceux qui soutiennent l’insoutenable et en masquent l’horreur ? Irréprochables ces retraités aveugles, sourds et muets quant aux crimes inscrits à leur palmarès ?

Nos présomptueux dirigeants qui n’ont cessé de jouer avec le feu et sont responsables de l’embrasement, ne s’émeuvent pas pour autant, sûrs de leur bon droit et de leur aptitude à gérer les évènements entre affinitaires de belles manières. Si nous l’ordonnons, pensent ces va-t-en guerre qui adorent les ordonnances, il faudra bien que la piétaille des braves gens se mette en marche, au pas cadencé, avec tambour et trompette. C’est le métier de la France d’en bas d’obéir sans broncher à celle d’en haut, pensent-ils. Eh bien non ! Il faut leur donner tort. La France est partie prenante dans la nouvelle agression qui se prépare. Si par grand malheur elle est lancée, nul n’en connaît les suites. Il y aura des représailles et nous ne serons pas épargnés. « Pourquoi nous ? » ou « nous ne savions pas » seront de piètre utilité. Réveillons-nous car il se fait tard.

Source : http://www.comite-valmy.org/spip.php?article9781

 

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Appel du Comité Valmy

 

Violant à nouveau la loi internationale, sans mandat de l’ONU, secondés par les régimes vassalisés de Paris et de Londres, les États-Unis ont agressé la Syrie, portant la guerre sur son territoire !

Samedi 14 avril 2018, par Comité Valmy

 

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La radio, la télé nous apprennent ce matin le nouveau forfait des dirigeants américains, français et britanniques : leurs missiles ont frappé Damas et Homs, villes d’un État souverain, sous le prétexte mensonger de répliquer à l’utilisation d’armes chimiques par la Syrie.

Ce prétexte est cynique de la part des États-Unis, qui ont systématiquement dévasté le Viet-Nam à partir du fameux agent Orange, qui a brûlé, non seulement toute végétation, mais aussi des millions de civils, encore aujourd’hui victimes de cet agent chimique.

Sans parler d’Hiroshima et de Nagasaki, détruites sans raisons militaires, au prix de centaines de milliers de victimes du feu nucléaire US, ni des dizaines d’agressions armées contre des États souverains d’Amérique latine... Et c’est Washington qui ose parler au nom de l’humanisme, et ce sont Paris et Londres, et leur passé colonial, qui s’alignent sur leur suzerain !

Jusqu’à quand les peuples du monde, le nôtre en premier, laisseront-ils s’accomplir de tels actes criminels ?

Lire la suite…

Source : http://www.comite-valmy.org/spip.php?article9784

 

 

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L’Italie répudie la guerre

Comitato No Guerra No Nato

 

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L’attaque de missiles étasuniens annoncée contre la Syrie risque de faire exploser en Méditerranée un conflit à l’issue imprévisible.

La République Arabe Syrienne, État souverain membre des Nations Unies, est soumise depuis 2011 à une guerre d’agression. Cette guerre est conduite par les États-Unis et par les autres puissances de l’Otan, par Israël et par les monarchies du Golfe.

Des années durant, à travers un réseau international organisé par la CIA, ont été financées et armées des organisations terroristes, ISIS compris, pour démolir de l’intérieur l’État syrien, comme il avait déjà été fait avec celui de la Libye. Mais le plan a échoué à la suite de l’intervention militaire russe en soutien à la République Arabe Syrienne.

Comme prétexte de l’attaque de missiles annoncée, Washington accuse sans aucune preuve le gouvernement syrien d’avoir utilisé des armes chimiques, en ignorant le fait que la Syrie a terminé en 2014 son désarmement chimique sous contrôle international. Les preuves existent, par contre, que le Pentagone a fourni par l’intermédiaire de contractors des armes chimiques et l’entraînement y afférent à des groupes terroristes en Syrie.

Chaque fois que les USA veulent agresser un pays, ils construisent une fausse accusation pour l’attaquer : par exemple, en 1964 ils mirent en scène l’”incident du Golfe du Tonkin” (qui s’est révélé faux par la suite) pour bombarder le Nord Vietnam ; en 2003 ils accusèrent l’Irak de posséder des “armes de destruction de masse” (qui se sont révélées ensuite inexistantes) pour attaquer et envahir le pays.

L’attaque annoncée de missiles étasuniens contre la Syrie est en réalité une sorte de déclaration de guerre à la Russie, faite par le président Trump via Twitter : “Que la Russie se tienne prête, nos missiles arrivent, ils sont beaux, nouveaux et “intelligents” !”. La réponse de Moscou a été paisible, mais en même temps catégorique : on a averti que les forces russes en Syrie abattront les missiles. Ainsi est créé le plus grave état de tension depuis la fin de la guerre froide.

Dans cette nouvelle et encore plus dangereuse phase d’escalade USA/OTAN contre la Russie, l’Italie est au premier rang. Les navires de guerre qui se préparent à une attaque contre la Syrie dépendent du Commandement des forces navales USA en Europe, dont le quartier général est à Naples-Capodichino. Le Commandement est sous les ordres de l’amiral qui commande en même temps la Force conjointe OTAN dont le quartier général est à Lago Patria (Naples). L’opération guerrière est appuyée par la base aéronavale USA de Sigonella et la station USA du système MUOS de transmissions navales de Niscemi (les deux en Sicile).

L’Italie doit absolument se détacher de cette stratégie de guerre, qui viole notre Constitution, en particulier le principe établi à l’Article 11 : “L’Italie répudie la guerre en tant qu’instrument d’atteinte à la liberté des autres peuples et comme mode de solution des conflits internationaux”.

La présence sur notre territoire national de commandements et bases militaires étasuniens et l’appartenance à l’OTAN sous commandement USA privent la République Italienne de la capacité d’effectuer des choix autonomes de politique étrangère et militaire, décidés démocratiquement sur la base des principes constitutionnels.

Nous lançon de nouveau l’appel à lutter pour une Italie souveraine et neutre.

Comitato No Guerra No Nato
jeudi 12 avril 2018
https://www.facebook.com/noguerranonato/

Traduction Comaguer (Comité comprendre et agir contre la guerre, Marseille)

Source : https://www.legrandsoir.info/l-italie-repudie-la-guerre.h...

 

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CONDUIRE L’ITALIE HORS DU SYSTÈME DE GUERRE 

PENDANT QU’IL EN EST ENCORE TEMPS

Samedi 14 avril 2018

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Lattaque de missiles menée par États-Unis, Grande-Bretagne et France contre la République Arabe Syrienne, État souverain membre des Nations Unies, viole la plus élémentaire règle du droit international.

Cest un crime de guerre accompli par les agresseurs sur la base dune accusation, adressée au gouvernement syrien, qui sest révélée fausse. Des preuves irréfutables existent que lattaque chimique à Douma a été une mise en scène organisée par les services secrets occidentaux. Ce nest pas un hasard si États-Unis, Grande-Bretagne et France ont lancé les missiles contre la Syrie au moment où arrivaient les inspecteurs de lONU.

LItalie, même si elle na pas directement participé à lagression comme par contre elle la fait en 2011 contre la Libye, en partage la responsabilité. Lopération de guerre a été dirigée et appuyée par les commandements et les bases USA/OTAN en Italie.

LOtan, dont lItalie est pays membre, a officiellement déclaré son propre appui à cette action guerrière effectuée par les trois plus grandes puissances de lAlliance.

On ne sait pas encore quelles seront les conséquences de cet acte de guerre, accompli volontairement contre la Russie intervenue en soutien de la République Arabe Syrienne, État que les USA et lOtan veulent démolir comme ils lont déjà fait avec lÉtat libyen il y a sept ans.

Il est dans tous les cas certain que, en poursuivant dans cette voie, on va à la catastrophe.

Que faire ? En Italie il ny a quune façon de contribuer à désamorcer cette désastreuse escalade : refuser que notre territoire national soit utilisé comme une sorte de porte-avions pour les guerres USA/OTAN en Méditerranée.

Il faut pour cela se battre pour que notre territoire national soit libéré de la présence des commandements et bases y compris nucléaires USA/OTAN ; pour que lItalie, sur la base de lArticle 11 de sa Constitution, sorte de ce système de guerre.

Il ny a quune façon de faire cela : sortir de lOTAN en assumant le statut de pays souverain et neutre.

Comitato No Guerra No Nato

Samedi 14 avril 2018

Traduction Comaguer (Comité comprendre et agir contre la guerre, Marseille)

 

 

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 Direction les comités locaux !

 

Des comités locaux fleurissent un peu partout maintenant ! Ces comités ont pour objectif de rassembler et d'étendre la mobilisation à l'ensemble de la population en lutte, à toutes celles et ceux qui portent en eux un désir d'autre chose !

Les comités locaux c'est vous !  

Les journées de mobilisation arrivant à grands pas, on vous propose une boite à outils pour vous accompagner dans la constitution de votre comité ainsi que dans l'organisation de votre première réunion ! Un modèle plus qu'autre chose, l'important reste de faire comme vous le sentez et selon le coin où vous vous trouvez. 

Les comités locaux c'est nous aussi ! 

Manifestez vous auprès d'Arthur et Vincent du pôle comités locaux, pour vos évènements et vos interrogations ! 

Et n'oubliez pas que sans vous, on ne peut rien. Avec vous, on peut beaucoup. 

 

POUR MONTER SON COMITÉ !

Voir ici

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Ceci est un appel lancé par M. François Ruffin, député de  la Somme, qui, si nous ne nous abusons, a naguère appelé les Français à voter Micron. Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis et l’instigation à former des comités locaux n’est pas une marque déposée. Reste à savoir pour quoi faire au juste.

Donc, pourquoi pas…

Bien entendu, l’idée d’une grève générale au finish, voire d’une grève nationale de l’impôt avec dépôt provisoire d’iceux sur des comptes bloqués chez, par exemple, M. Maduro, ne semble avoir encore titillé personne, et surtout pas les valeureux représentants des syndicats. Ah, la la !

Enfin, il nous reste Mme Lacroix-Riz, M. Landini, M. Gastaud, M. Raimbaud, M. Oberlin et quelques autres. Hauts les cœurs ! Dans quelque siècles, qui sait ?...

Les Grosses Orchades

 

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 Mis en ligne le 16 avril 2018.

 

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13:03 Écrit par Theroigne dans Actualité, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

SUR LE NAZISME VERSION ACTUELLE

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Sur le nazisme version actuelle (israélienne)

 

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Youtube censure dans 28 pays le documentaire d’Abby Martin « Empire Files »

 

Source : https://www.telesurtv.net/english/news/YouTube-Censors-Em...

 

Telesur, le 6 avril 2018

YouTube a censuré cet épisode de la série documentaire d'Abby Martin 'Empire Files' consacré au militarisme israélien.

 

Pour que personne ne puisse dire plus tard « Je ne savais pas… », « Ah, c’était si terrible que ça ? » et autres lâchetés codifiées, égoïsmes crasses, etc. À regarder en plein écran !

 

Un Juif américain sur le fascisme israélien : « Il n'y a aucun espoir de changement depuis l'intérieur. »


Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr

https://vimeo.com/263760928

 

Militarisme, fascisme et répression en Palestine occupée (Documentaire CENSURÉ PAR YOUTUBE) from Sayed Hasan on Vimeo.

 

Le documentaire d'Abby Martin, qui met en lumière la violence militaire israélienne contre les Palestiniens, a été bloqué le 5 avril 2018 dans 28 pays pour violation présumée des « lois locales », a annoncé l'animatrice de TéléSur.

Selon le compte Twitter officiel de The Empire Files, YouTube a envoyé au programme un avis les informant que « Nous avons reçu une plainte légale concernant votre vidéo » et les notifiant que la vidéo serait bloquée dans 28 pays, dont le Royaume-Uni, la France, Israël et Italie.

L'épisode bloqué comportait une interview du journaliste Max Blumenthal sur la montée des attitudes militaristes et racistes à l'égard des Palestiniens en Israël.

 

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Max Blumenthal a déclaré plus tard à Russia Today : « Mes commentaires étaient entièrement basés sur ma vaste expérience journalistique dans la région et mon analyse était de nature clinique : à aucun moment, je n'ai dénigré quiconque en raison de sa foi ou de son appartenance ethnique. »

Blumenthal estime que la Ligue anti-diffamation [ADL, équivalent américain du CRIF/LICRA] est derrière la censure : elle participe au système de signalement de YouTube et considère les actions liées au Boycott, aux sanctions et au désinvestissement (BDS) et l'opposition à l'occupation israélienne comme du racisme.

La coopération entre les forces sionistes et les réseaux sociaux pour censurer les médias pro-palestiniens a été bien documentée. L'année dernière, le journaliste Glenn Greenwald a révélé que le géant des réseaux sociaux Facebook travaillait activement avec le gouvernement israélien à la censure.

Selon Tel Aviv, « l'incitation en ligne » est responsable de la résistance à l'occupation. Israël cherche activement à supprimer les postes prétendument « incendiaires ».

 

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Abby Martin interviewe le journaliste et auteur Max Blumenthal sur la situation actuelle en Palestine et l'occupation israélienne. Cet épisode évoque ce qu'il y a derrière la rébellion d'aujourd'hui, la domination croissante de l'idéologie d'extrême droite et ultra-raciste en Israël, les témoignages oculaires de l'après-guerre à Gaza et la peur du gouvernement israélien face à la résistance palestinienne.

 

Max Blumenthal est un journaliste primé et auteur de best-seller du New York Times. Il a écrit deux livres sur la Palestine, Goliath : vie et haine dans le Grand Israël, et il a dernièrement publié La guerre des 51 jours : ruine et résistance à Gaza.

Transcription :

Abby Martin : Aujourd'hui, je suis avec Max Blumenthal, journaliste d'investigation et analyste sur Israël et les luttes en Palestine. Il est l'auteur du livre Goliath (consacré à la vie en Israël), récompensé (par un Prix en 2014) et d'un exposé publié récemment sur la guerre de 51 jours (en 2014 à Gaza). Ses reportages de terrain à Gaza pendant et après l'opération Bordure protectrice ont documenté la réalité terrifiante des crimes de guerre israéliens.

J'ai voulu savoir ce qu'il avait découvert durant ses reportages de guerre et comment cela se rattache à l'insurrection actuelle en Palestine. Max, pouvez-vous expliquer ce qui se passe actuellement, et que les gens appellent une troisième Intifada ?

Max Blumenthal : Cela ne s'inscrit cadre pas avec ce qu'on considère comme une Intifada, à savoir un soulèvement national dirigé par des factions politiques. Ce que nous voyons est la rébellion complètement désorganisée d'une génération de jeunes qui ont grandi après les accords d'Oslo, qui ont établi les bases d'une solution à deux Etats et du processus de paix parrainé par les Etats-Unis. Ils ont grandi dans cette réalité, une réalité de séparation, d'exclusion, ils ont été témoins de la destruction de la base palestinienne, de toutes les institutions de la vie palestinienne, surtout à Jérusalem-Est, tout cela a été complètement éradiqué. En Cisjordanie, il ne reste plus que l'infrastructure de l'Autorité Palestinienne et des ONGs et ils n'ont que très peu d'opportunités et d'espoir devant eux.

L'occupation s'est enracinée et resserrée, ils ont observé l'assaut de 51 jours dans la bande de Gaza, et ils se sont sentis impuissants. Ils ont vu le leadership palestinien de facto à Ramallah, l'Autorité palestinienne dirigée par Mahmoud Abbas, coordonner la sécurité avec leur occupant, et retourner leurs forces palestiniennes contre eux, en menant des raids par exemple à l'Université de Beir Zeit. Et cette génération a donc décidé d'agir d'elle-même. Cela se construit depuis longtemps mais maintenant que cette génération de Palestiniens est parvenue à un âge mature, ils s'en prennent à leurs occupants, ils sortent et manifestent dans les points de friction de l'occupation.

Par exemple, au checkpoint de Beit El à al-Bireh, à l'extérieur de Ramallah, il y a des manifestations régulières, ils jettent des pierres et des cocktails Molotov sur des soldats lourdement armés. Autour de Naplouse, qui est un haut lieu du terrorisme perpétré par les colons, et surtout à Hébron, où les colons, les colons les plus radicaux d'Israël-Palestine sont incrustés dans la vieille ville et terrorisent et traquent régulièrement les Palestiniens. Ils mènent des attaques, des attaques au couteau à l'intérieur de la ligne verte, ce qui constitue une action symbolique, et ce qu'ils font, c'est qu'ils adressent un message : « Tant qu'onsera occupés, vous paierez un prix, vous ne serez pas en sécurité et vous ne mènerez pas une vie normale. » 

Comme l'a dit Netanyahou récemment, « Nous sommes destinés à vivre par l'épée. » Mais à Tel Aviv, à Haïfa, dans toutes les villes à l'intérieur d'Israël où vit la majorité de la population juive, ce sera comme si on était en Europe, ou, comme l'a dit Ehud Barak, ancien Premier ministre et ministre de la défense, « Nous serons une villa dans une jungle. » Et lorsque de jeunes Palestiniens entrent dans la villa, armés des couteaux, de pierres, de tout ce qu'ils peuvent avoir, ils rappellent aux Israéliens ceci : « Vous savez, vous n'êtes pas une villa dans une jungle. Vous êtes la jungle dans notre villa. Vous êtes au Moyen-Orient, et vous ne pouvez pas simplement ériger un mur et prétendre que nous ne sommes pas là. »

Abby Martin : Pourquoi la mosquée Al-Aqsa est-elle centrale dans cette lutte politique ?

Lire la suite…

Source : http://sayed7asan.blogspot.be/2018/04/le-militarisme-isra...

 

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Arrêtons d’insulter la langue française.

Les mots ont un sens précis.

Nous avons bien dit « nazisme » et non « fascisme ».

 

 

Mis en ligne le 16 avril 2018

 

 

 

 

 

 

11:45 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

06/04/2018

BLOG EN PAUSE

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6 avril 2018

 

 

 

 

 

 

 

 

 

13:54 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

01/04/2018

LA NOUVELLE CAMPAGNE DE RUSSIE - III

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Réponse à Robert Bibeau

 

À la suite de notre précédent post, nous avons trouvé le commentaire suivant, de Robert Bibeau, des 7 du Québec :

http://www.les7duquebec.com/7-au-front/election-en-russie-le-sacre-de-poutine/  Écrit par : ROBERT BIBEAU | 30/03/2018

Bien sûr nous l’avions lu ! Nous lisons toujours avec intérêt et relayons quand nous pouvons ce qu’il publie. Plutôt que lui répondre par la même voie, il nous semble plus intéressant de le faire ici.

Voici donc son article, motivé par la récente réélection de Vladimir Poutine, suivi de notre réponse à son commentaire :

 

ÉLECTION EN RUSSIE – LE SACRE DE POUTINE

Robert Bibeau – 24 mars 2018

(Bibeau.robert@videotrron.ca  –   éditeur du webmagazine www.les7duquebec.com)

 

2. POUTINE ELECTION.jpg

 

L’économie détermine la politique, jamais l’inverse

Sous le mode de production capitaliste industriel et financier, l’économie est mondialisée ce qui entraîne que la politique et les médias sont aussi mondialisés. Notre grille d’analyse des élections « démocratiques » bourgeoises que nous venons de publier s’applique donc aisément au contexte russe comme nous allons le démontrer à partir du dernier cirque électoral moscovite. (1)

 

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Source : http://www.les7duquebec.com/7-au-front/election-en-russie...  

 

CHER ROBERT BIBEAU

 

  Comme dit ci-dessus, on vous lit toujours avec intérêt, et on le sait qu’élections-piège-à-cons : vous prêchez des convertis.

MAIS, en attendant que « les masses » deviennent du jour au lendemain assez adultes pour prendre en main leur destin comme des grandes et mettre ainsi fin à des multimillénaires de loi de la jungle, notre planète porte sur son dos des sociétés pleines à craquer de gens qui n’ont qu’une vie et qui ne verront pas ce beau jour (soir…).

Alors, que faire ? (vieille question, comme vous savez). Sinon savoir gré à ceux qui font tout leur possible pour que finissent par être réunies les conditions qui le feront (peut-être) arriver. Et de quel droit en douterions-nous ?

Vladimir Poutine ET LES AUTRES savent tout ce que vous savez : ils ont grandi dans les écoles de Staline. Ils sont, eux, contrairement à nous qui ne sommes nulle part, au pied du mur très haut et très long qui sépare la théorie de la pratique. Nous n’avons pas le droit, tel le petit daimon de Socrate accroupi sur l’épaule gauche de Vladimir Vladimirovitch, de préjuger de ce qu’il pense et de ce que sont ses motivations réelles. Nous ignorons quelles cartes (« conditions objectives ») lui ont été distribuées et s’il les joue bien ou mal. Seule l’histoire, dans très longtemps, le saura. Cette constatation vaut pour les autres, pas seulement russes. Elle vaut pour Xi Jinping et ses Chinois, qui ont quasiment triplé depuis les années cinquante ; elle vaut pour Nicolas Maduro, pour Raùl, pour Bachar Al-Assad et tant d’autres, qui sont peut-être en train d’inventer des stratégies dont n’avait pas rêvé Marx, qui sait.

Tous sont en train, d’une façon ou d’une autre, de combattre le capitalisme. Ils le font avec leurs talents, leurs vertus et leurs moyens, et rien ne nous autorise à décréter qu’ils le font « en capitalistes », quelles que soient les apparences.

Dans l’immédiat, au lieu de leur jeter la pierre, essayons de faire mieux qu’eux… si nous le pouvons, car la critique est aisée et l’art est difficile. Nous n’avons le droit de prêcher que d’exemple.

Pour notre modeste compte de blogueurs autodidactes, nous nous en tenons, faute de mieux, à l’injonction de Günther Grass : mettre un pied devant l’autre et faire de notre mieux. Et vous aussi, nous n’en doutons pas.

 

 

3. RICH-POOR.gif

 

 Bon sang, mais c’est bien sûr !

 

Comme vous sans doute, lecteurs, nous trouvions que l’affaire Skripal sentait l’entourloupe à plein nez. Mais l’explication de Strategika51 sur la Russie qui aurait empêché un faux drapeau aux gaz en Syrie, n’arrivait pas à nous convaincre. Une autre circonstance nous rendait perplexes : le côté amateur cafouilleux de toute l’affaire, qui prenait tous les jours davantage d’ampleur…

À notre humble avis, il est im-pen-sa-ble que le MI6 soit impliqué dans une pantalonnade à la fois aussi minable et d’une telle ampleur. Les services secrets anglais, comme les autres, sont capables d’expédier quelqu’un sans rater leur coup et sans qu’on puisse les incriminer, quand bien même tout le monde serait sûr qu’ils y ont trempé jusqu’aux cheveux. Alors, quoi ?

Quand, dans un échange de mails privés, Aline de Diéguez nous a fait part de ses convictions, nous nous sommes frappé le front à deux mains : Bon sang, mais c’est bien sûr !

Les sous-Pieds Nickelés que sont May, Johnson, Williamson et Macron à la manoeuvre auraient dû depuis longtemps nous vendre la mèche, surtout ce dernier, et l’implication de la France dans une affaire qui ne la concerne ni d’Ève ni des dents, Ce n’est pas parce que des zozos se prétendent officiellement au service qui de l’Angleterre qui de la France, alors qu’ils roulent en réalité pour la plus illustre banque du monde (bien autrement puissante que l’Angleterre et la France réunies), qu’il faut les en croire sur parole….

Il a fallu la spécialiste des questions financières en général et des Rothschild en particulier qu’est Aline de Diéguez pour que 2 + 2 fassent enfin 4 et que les pièces archi-logiques du puzzle se mettent en place. Nous lui avons demandé de nous mettre noir sur blanc ses conclusions et elle l’a fait. Qu’elle en soit remerciée.

Question qu’on peut maintenant s’amuser à se poser : Le MI6 a-t-il refusé de se mouiller dans cette affaire foireuse ou a-t-on évité de le solliciter de peur qu’il refuse ?

Ce qui est sûr, c’est qu’on commence à s’énerver chez les maîtres du monde.

Nous commencerons par les deux articles qui ont fait tiquer Aline de Diéguez…

 

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Moscou pose 14 questions à Londres et 10 à Paris

 

Pourquoi Paris est-il impliqué dans l’enquête sur Skripal ? Moscou pose 14 questions à Londres

SputnikNews International 31 mars 2018

 

5. SALISBURY.jpg

 

Le ministère russe des Affaires étrangères a dressé une liste de 14 questions concernant l’affaire Skripal, dont certaines visent à savoir pourquoi les autorités britanniques ont décidé d’associer la France à l’enquête.

La diplomatie russe a publié sur son site une liste de 14 questions que Moscou a adressée à Londres, en lien avec l’empoisonnement de Sergueï Skripal et de sa fille à Salisbury.

  1. Pourquoi la Russie se voit-elle refuser le droit d'accès consulaire à deux citoyens russes qui ont été blessés sur le territoire britannique ?
  2. Quels antidotes spécifiques – et sous quelle forme – ont-ils été administrés aux victimes ? Comment ces antidotes se sont-ils retrouvés en la possession des médecins britanniques sur les lieux ?
  3. Pour quels motifs la France a-t-elle été associée à la coopération technique, dans l'enquête sur l'incident dans lequel des citoyens russes ont été blessés?
  4. Le Royaume-Uni a-t-il informé l'OIAC [l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques, ndlr] de l'implication de la France dans l'enquête sur Salisbury ?
  5. Qu'est-ce que la France a à voir dans un incident implquant deux citoyens russes au Royaume-Uni ?
  6. Quelles règles de la législation procédurale du Royaume-Uni permettent d'associer un État étranger à une enquête interne ?
  7. Quelles preuves ont été transmises à la France, pour qu'elle les étudie et mène sa propre enquête ?
  8. Des spécialistes français ont-ils participé à l'échantillonnage du matériel biologique de Sergeï Skripal et de Ioulia Skripal ?
  9. Des spécialistes français ont-ils étudié des échantillons du matériel biologique de Sergeï Skripal et de Ioulia Skripal, et dans quels laboratoires ces études ont-elles été menées ?
  10. Le Royaume-Uni dispose-t-il des éléments de l’enquête française ?
  11. Les résultats de l'enquête française ont-ils été transmis au secrétariat technique de l'OIAC ?
  12. Sur la base de quels signes « l'origine russe » de la substance utilisée à Salisbury a-t-elle été établie ?
  13. Le Royaume-Uni dispose-t-il d'échantillons de contrôle de l'agent de guerre chimique que les représentants britanniques appellent « Novitchok » ?
  14. Le Royaume-Uni a-t-il développé des échantillons de l'agent de guerre toxique de type Novitchok (selon une terminologie britannique) ou ses analogues ?

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Source : https://fr.sputniknews.com/international/2018033110357427...

 

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Moscou adresse 10 questions à Paris concernant l'affaire Skripal

Sputnik International.fr – 31 mars 2018

 

6. MOSCOU.jpg

Le ministère russe des Affaires étrangères a publié une liste de 10 questions adressées à Paris dans le cadre de l'affaire Skripal « fabriquée» par le Royaume-Uni contre la Russie ».

L'ambassade de Russie à Paris a envoyé au ministère français des Affaires étrangères une note comprenant 10 questions concernant l'affaire Skripal.

  1. Pour quel motif la France a-t-elle été appelée à accorder une assistance technique, dans l'enquête du Royaume-Uni sur l'incident à Salisbury ?
  2. Est-ce que la France a envoyé une note officielle à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques concernant sa participation ou coopération technique dans l'enquête sur l'incident à Salisbury ?
  3. Quelles preuves a transmis le Royaume-Uni à la France dans le cadre de l'assistance technique accordée ?
  4. Des spécialistes français ont-ils participé à l'échantillonnage du matériel biologique de Sergueï Skripal et de Ioulia Skripal ?
  5. Des spécialistes français ont-ils étudié des échantillons du matériel biologique de Sergueï Skripal et e Ioulia Skripal, et dans quels laboratoires ces études ont-elles été menées ?
  6. Sur la base de quels signes les spécialistes français ont-ils établi l'utilisation de l'agent toxique de combat de type Novitchok (selon la terminologie britannique) ou de ses analogues ?
  7. De quelle expertise dispose la France dans le domaine de l'étude des agents toxiques de combat de ce type ou de ses analogues ?
  8. Sur la base de quels signes (marqueurs) les spécialistes français ont-ils établi « l'origine russe » de la substance utilisée à Salisbury ?
  9. La France dispose-t-elle d'échantillons de contrôle de l'agent toxique de combat Novitchok (selon la terminologie britannique) ou de ses analogues ?
  10. Des échantillons de l'agent toxique de combat de ce type ou de ses analogues ont-ils été développés en France et, si oui, à quelles fins ?

Plus tôt, Moscou avait formulé une liste de 14 questions concernant l'affaire Skripal dont certaines visent à savoir pourquoi les autorités britanniques ont décidé d'associer la France à l'enquête.

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Source : https://fr.sputniknews.com/international/2018033110357427... 

 

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Un empoisonnement pour raison d’État

Aline de Diéguez – 1er avril 2018 et ce n’est pas un poisson !

                

7.  Guillemets ouvrants bleus.gifLe 4 mars 2018, au milieu de l'après-midi, Sergueî et Yulia Skripal auraient été découverts inconscients sur un banc public de la petite ville de Salisbury.

Dans l'heure qui a suivi, les Anglais connaissaient l'identité des victimes et le diagnostic : les Skripal avaient été intoxiqués par inhalation d'un gaz militaire 5 à 10 fois plus létal que d'autres agents connus, comme le gaz sarin et le VX. Le nom de ce produit redoutable était révélé : novitchok. Par miracle, ils avaient sous le coude un contre-poison, puisque les Skripal étaient toujours vivants un mois plus tard.

Le novitchok ne pouvait être que russe et la Russie était la main vengeresse qui avait attenté ouvertement à la vie de son ancien espion et à celle sa fille pour faire bonne mesure, et cela par pure vengeance… mais aussi en faisant preuve d'une sidérale stupidité, puisqu'elle signait son crime au grand jour. Il ne manquait que le passeport du criminel responsable du forfait et son numéro de portable.

On comprend que ce scénario digne des pieds nickelés ait laissé le Président de la République française sceptique, si bien que le 5 mars, Emmanuel Macron demandait, par la voix de son porte-parole Benjamin Griveaux, la prudence : il convenait, disait-il, d'attendre l'issue de l'enquête avant de proférer des accusations. Voilà qui était sage.

Or, quelques heures plus tard, le 6 mars 2018 au matin, patatras, le Président déclarait urbi et orbi qu'il soutenait « nos amis anglais », lesquels venaient de subir sur leur sol une attaque sauvage et inadmissible avec un gaz redoutable, probablement d'origine russe et que la Russie était probablement coupable.

Étrangement, aucun organe de presse n'a interrogé le Président sur ce brutal revirement et ne s'en est même étonné. Et pourtant, ce changement de pied intervenu durant la nuit est capital pour la compréhension de la suite des événements .

Je passe sur les différents complots des membres de l'OTAN tant en Europe qu'aux USA. Une majorité remarquable des vassaux a confirmé la révélation médicale fulgurante des autorités d'outre-Manche. Mme May et ses ministres n'ont pu retenir une joie débordante et des cris de triomphe. La horde de colonisés de l'OTAN a alors accouché d'une kyrielle de décisions d'expulsions de diplomates russes à partir de nombreux pays européens ainsi que de l'ex-Commonwealth, pompeusement auto-dénommés « communauté internationale » alors qu'ils ne représentent qu'un dixième de la population mondiale.

Entre temps, le 20 mars, Emmanuel Macron, toujours premier de classe et désireux d'en faire plus que ses voisins, avait concocté sa petite punition personnelle supplémentaire. Bien qu'il ait traîné durant trois heures dans les travées du salon du livre, il a jugé judicieux de boycotter le stand de la Russie, pourtant pays invité d'honneur du salon. Il a cru habile d'humilier la Russie en humiliant les écrivains qui avaient honoré la France par leur présence, ainsi que Mme Soljenitsyne. A ses yeux, la « solidarité avec nos amis britanniques » était plus importante qu'une manifestation de l'indépendance et de la souveraineté culturelle de la France .

Et voilà le fin mot de l'affaire. Depuis le début de la mise en scène de la comédie anglaise, nous découvrons que la France et ses dirigeants en étaient partie prenante. Depuis un mois, les Français s'étaient bien gardés de le révéler.

Qu'y avait-il à cacher ?

En effet, le 31 mars à 21h40, le site Sputnik publiait une nouvelle qui aurait dû faire l'effet d'une bombe : la Russie posait à la France dix questions sur les motifs et les conditions de son implication et de sa collaboration zélée à l'affinage du montage de « l'affaire Skripal » et lui demandait de clarifier son rôle dans le peaufinement du trucage qui était en train de se mettre en place.

Or, cette nouvelle est tombée dans un silence total de tous les médias de l'OTAN : et pourtant, la découverte de la solidarité de la France avec « nos amis anglais » et le silence qui a entouré cette collaboration n'est pas un événement anodin . Elle donne son sens au virage à 180° effectué le 6 mars par le Président Macron. Les Français apprécieront la cachotterie de leur Président et son implication dans une affaire qui ne devrait pas concerner notre pays.

Question ? Que s'est-il passé entre le 5 et le 6 mars 2018 entre la France et l'Angleterre, entre Emmanuel Macron et un mystérieux informateur qui aurait suffisamment influencé son jugement pour le faire changer de pied ?

Si l'on en croit sa réaction le 5 mars, le Président semblait tout ignorer du montage anglais. Mais y aurait-il eu des complicités en dehors de la Présidence ? M. Macron aurait-il été ensuite l'objet d'amicales suggestions afin de tenter de manipuler une enquête au sujet d'un attentat finalement raté puisque Mlle Skripal est ressuscitée. S'il faut en croire les Anglais, le père serait toujours en péril de mort. Mais personne n'a vu ni l'un ni l'autre et une cousine en Russie, désireuse de rendre visite à ses parents malades en Angleterre, et dont les services secrets anglais n'avaient pas prévu l'existence, se voit refuser un visa pour l'instant.

Pour tenter de donner un sens au revirement brutal du Président de la République dans cette affaire tordue, le lien qui vient immédiatement à l'esprit entre Emmanuel Macron et l'Angleterre est la banque. Or, la banque, c'est la City et la City, c'est Rothschild . Là où il y a Rothschild, il y a domination financière de la City et de Wall Street.

Ce qui voudrait dire que l'attaque contre la Russie a quelque chose à voir avec la tentative de la Russie et de la Chine de se libérer de la tutelle du dollar. Ce que n'ont pas réussi des petits États dirigés par Kadhafi, par Saddam Hussein et aujourd'hui par Nicolas Maduro, afin d'échapper à la tenaille de la finance anglo-saxonne et au règne de la City, l'alliance de la Chine et de la Russie est en passe de le réaliser. Voilà qui est insupportable et qui mérite la diabolisation hystérique du pays jugé le plus faible du duo, faute de pouvoir utiliser impunément la « diplomatie » des tomahawks.

La Chine inspire encore une crainte salutaire à l'OTAN, haro donc sur la Russie jugée plus vulnérable.

On comprend mieux a posteriori que Vladimir Poutine ait tenu à démontrer aux va-t-en guerre irresponsables ce qu'il leur en coûterait en cas d'acte dément. La dissuasion est la meilleure défense.

Il ne s'agit donc pas d'une simple vengeance pour n'avoir pas réussi à déstabiliser Assad avec une attaque chimique comme le pense Strategika, ou la volonté de pourrir le mondial de football, comme le craint Mme Zakharova. Cela n'empêche pas l'une et l'autre hypothèse, mais elles sont trop restreintes. L'actuelle attaque violente contre la Russie est plus fondamentale.

C'est en réalité une guerre à mort contre l'alliance russo-chinoise et leur volonté de créer un circuit monétaire indépendant du dollar, ce qui signera à terme, sa mort. Et la présence d'Emmanuel Macron, l'ancien « Rothschild boy » dans l'affaire est le chaînon manquant de l'explication.

Pour l'instant, la Chine leur semble un trop gros morceau. Mais elle se montre ouvertement solidaire de la Russie. Voilà qui explique l'article furieux et inhabituel du journal quasi officiel du parti communiste chinois Global Times dont fait état Alexandre Mercouris dans le site The Duran, article qui exprime un soutien officiel total et sans faille de la Chine à la Russie, victime d'une agression masquée de la finance internationale.

La Chine a ouvert lundi dernier le marché à terme du pétrole brut. L'accueil du marché a été, dès le premier jour, enthousiaste, ce qui a eu pour effet de donner un coup de pouce considérable à la valeur du Yuan sur le marché international.

Bonjour le petroyuan.

Or, la Russie est le principal fournisseur de la Chine.

Au revoir le petrodollar !

Cela méritait bien de tenter le tout pour le tout de la comédie de Salisbury.

Source : http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/mariali/inter...

 

8. petits hommes entre prièces d'or xx.JPG

 

À lire si on ne les connaît pas :

http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/mariali/chaos...

http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/mariali/chaos...

http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/mariali/chaos...

 

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Mais tout cela, bien sûr, est lié

Massacre à Gaza : Israël teste de nouveaux gaz sur les Palestiniens

 

Gilles Munier –France-Irak actualités 31 Mars 2018

 

9. Massacre Gaza.jpg

 

Au moins 16 manifestants palestiniens de la bande de Gaza ont été tués hier – Journée de la terre – par l’armée israélienne postée de l’autre côté de la « barrière de sécurité - frontière ». Le Croissant-Rouge a recensé plus d’un millier de blessés – 1416 aux dernières nouvelles - frappés pour la plupart par des balles d’acier recouvertes de caoutchouc. Et ce n’est pas fini, car les Gazaouis manifesteront aujourd’hui et dans les jours à venir. Le mouvement de protestation - estimé à plusieurs dizaines de milliers de personnes - est prévu pour durer six semaines. Soutenus par le Hamas, les participants réclament le « droit au retour » des réfugiés expulsés manu militari de leur domicile, il y a 70 ans, lors de la création d’Israël, et exigent la levée du blocus de la bande de Gaza.

 

10. Sm-nipers Israel.jpg

Snipers israéliens postés face aux manifestants

 

Pour disperser la foule, l’armée israélienne tire aussi à balles réelles et utilise des drones qui pulvérisent des gaz lacrymogènes au-dessus des manifestants.

 

Une étude récente publiée par l’Université de Californie fait le point sur la nature de ces gaz qui peuvent être mortels :

 

Extraits de “Is Israel testing new types of tear gas in Bethlehem?” par Ryan Rodrick Beiler*

 

Une étude conduite par l’Université de Californie et publiée par le Centre des Droits de l’Homme de cette université note l’usage fréquent et indiscriminé de bombes de gaz lacrymogène contre les Palestiniens …(…)… Les membres de l’équipe de chercheurs, après avoir été témoins de ces tirs, ont conclu que cet usage n’est pas limité aux protestations ou auteurs potentiels de violence, comme les enfants lançant des pierres. « Il est quelque fois dangereux de sortir du centre quand le gaz est dans l’air ».

Gaz Mortel

L’Université de Californie définit le gaz lacrymogène comme un terme général pour désigner les produits irritants le composant, pour contrôler une foule et note que, ces dernières années, de nouvelles formes de gaz ont été développées, beaucoup plus puissantes. Le type de produit auquel Israël a recours n’est pas précisé et les informations fournies par les résidents font qu’ils doivent être exposés à des formes puissantes ...(…)…

Le rapport indique que l’usage de gaz lacrymogène et autres irritants chimiques sont interdits comme arme de guerre par la Convention sur les Armes Chimiques de 1992 mais « pas dans un but civil aussi longtemps que le type et les quantités se conforment aux buts recherchés ». Il conclut que l’usage fait par Israël est en total contradiction avec les procédures internationales sur l’usage classique.

Le gaz lacrymogène est mortel et cela a été prouvé en de maintes occasions  particulièrement par moi lors de l’enterrement, en avril 2004, de Noha Kamish dont la mort résulte de la décharge de gaz lacrymogène par les fenêtres de sa maison.

Des gaz produits  aux Etats-Unis

Les résidents disent que des événements ordinaires comme des anniversaires d’enfants ou des pique-niques familiaux sont perturbés par des tirs de gaz, parfois prises en vidéo. « Les soldats tirent quand ils s’ennuyent, quand ils veulent aller au « clash » ou quand ils veulent entrer dans le camp ou quand ils veulent s’amuser. »

…(…)…  comme toutes les armes utilisées par les militaires israéliens, ce gaz est une production américaine. La marque du fabricant, Combined Systems, de Jameston en Pennsylvanie,  apparaît en clair sur les déchets aissés par les soldats…(…)…

Source d’origine : The Electronic Intifada (3/1/18)

Traduction et Synthèse: Xavière Jardez

Source : http://www.france-irak-actualite.com/2018/03/massacre-a-g...

 

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Rappel, à propos de l’affaire Mireille Knoll – celle d’une vieille dame assassinée à son domicile dans des conditions crapuleuses – qui fait couler beaucoup d’encre ces jours-ci :

 

Le 25 octobre 2006, une autre dame – qui a, elle, heureusement survécu – avait été agressée, à son domicile aussi, dans des conditions similaires…

 

UNE JUSTICE À DEUX VITESSES

Une agression terroriste à domicile par des membres du BETAR en 2006, jugée en 2008 et 2009, condamnée et dont la sentence n'a toujours pas été exécutée

par Ginette Hess Skandrani

 

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J'ai été agressée à mon domicile parisien, le 25 octobre 2006, par un commando de quatre sbires du BETAR dans une agression préméditée et concertée. Pendant que deux d'entre eux faisaient la garde dans le couloir, deux autres se sont acharnés sur moi au risque de me tuer ou de me rendre invalide me tabassant avec des casques jusqu'au sang. J'avais de nombreuses blessures, un traumatisme crânien qui m'a laissé un adénome.

Cette agression barbare a été jugée le 3 février 2009 :

Ruben Collen, en fuite en Israël a pris deux ans d'emprisonnement dont 18 mois avec sursis. Il faisait le guet dans la rue.

Steven Elie, en train de faire son service militaire en Israël avec l'accord de la Cour a envoyé une lettre accusant les autres membres du commando – qui s'étaient réunis rue des Rosiers afin de programmer mon agression – a également pris deux ans de prison dont 18 mois avec sursis. Un mandat d'arrêt a été lancé contre lui.

Mike Sfez que j'avais reconnu comme un de mes agresseurs a également été condamné à deux ans de prison dont 18 mois avec sursis.

Ils ont tous trois été déclarés coupables Ils devaient me verser 10.000 euros en réparations des dommages et 15.000 euros de frais de justice.

Le quatrième agresseur, mineur au moment des faits, a été jugé par un tribunal pour enfants le 18/11/2008 et a été également condamné à six mois de prison avec sursis et 8.000 euros de réparations.

C'était la première fois que ces extrémistes, entraînés comme des paramilitaires, tolérés par le pouvoir français et qui agressent tous ceux et celles qui s'opposent à la politiques israélienne* ont été traduits devant un tribunal. Maître Missamou, mon avocat ne s'est pas laisser intimider par les menaces et a gagné le procès.

Quatre ans plus tard, nous en sommes au même point. Deux d'entre eux sont en fuite en Israël, les deux autres, sont soi-disant insolvables et aucun d'entre eux n'a été sommé d'accomplir les six mois de prison ferme, ni de payer les réparations ou les frais de justice.

Nous avion décidé, avec mon avocat, de nous adresser à une association de justice pour les victimes des agressions mais nous avons été déboutés car le profil de l'agression « n'était pas traditionnel ».

Nous attendons toujours que ce jugement soit mis à exécution

Paris le 7 avril 2013

______________________ 

*Y compris l’écrivain Jacob Cohen, et même plus d’une fois, si nos souvenirs ne nous trompent pas. NdGO

 

Les deux agressions sont condamnables. Toute agression contre une personne désarmée est condamnable. Disons-le franchement : méprisable. On remarquera seulement que la victime d’aujourd’hui appartient au « camp » de ceux pour qui on manifeste et celle d’hier au camp de ceux qui ne comptent pas, que les gros bras peuvent donc continuer à agresser sans crainte de voir l’État – non plus d’ailleurs que l’opinion publique – leur en tenir la moindre rigueur. La bassesse des uns n’excuse pas celle des autres.

C’est bien pire qu’une justice à deux vitesses : un état d’esprit « nazi d’avant-guerre » comme vient de le déplorer le Saker.

 

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Pour finir, nous nous en voudrions de ne pas relayer le nouvel article d’Alexander Mercouris, toujours si bien informé, sur la suite des réactions chinoises aux abracadabrantesques événements en cours (c’est celui-là même que mentionne Aline de Diéguez dans son explication)

 

Une Chine furieuse persévère et signe dans son soutien à la Russie sur l’affaire Skripal, traite les actions occidentales de « scandaleuses »

Le Global Times dit que l’Occident se torche des procédures internationales régulières, se livre à des manœuvres d’intimidation envers la Russie, ne représente pas du tout la communauté internationale mais menace au contraire les autres nations.

Alexander Mercouris – TheDuran – 31 mars 2018

 

12. Dragon furieux.jpg

 

Le Global Times – organe officieux en langue anglaise du Parti Communiste qui gouverne la Chine – vient de publier un éditorial torride, qui s’en prend férocement aux inqualifiables manœuvres d’intimidation des Occidentaux envers la Russie dans l’affaire Skripal.

L’éditorial constate que l’Occident n’a que mépris pour les courtoisies les plus élémentaires et les procédures régulières, et il avertit les autres pays – implicitement, la Chine y comprise – qui pourraient bien se retrouver un jour en ligne de mire dans une attaque de cette sorte.

L’éditorial rappelle aussi aux puissances occidentales que, loin de représenter la « communauté internationale », elles n’en représentent qu’une petite partie.

L’éditorial est si mordant et si  sévère – allant tellement plus loin que n’importe quel éditorial de journal chinois soutenant la Russie dans son conflit avec l’Ouest, en ce compris les deux éditoriaux précédents que le Global Times a déjà publié sur l’affaire Skripal – que je vais le reprendre en entier.

 

12. Guillemets ouvrants.gifLe 26 mars, les USA, le Canada et plusieurs pays de l’Union Européenne ont expulse des diplomates russes de leurs ambassades et consulats respectifs, en représailles d’un prétendu empoisonnement par la Russie de l’ex-agent double Sergueï Skripal et de sa fille. Au moment où paraît cet écrit, dix-neuf pays, y compris quinze membres de l’UE, ont témoigné de leur soutien à la Grande Bretagne en appliquant ce genre de mesures.

Le 4 mars, Skripal et sa fille Yulia ont été transportés d’urgence dans un hôpital, après avoir été trouvés inconscients dans un parc de Salisbury. On devait apprendre plus tard que le père et la fille avaient été en contact avec un obscur agent neurotoxique. Les représentants du gouvernement britannique déclarèrent que les Skripal avaient été attaqués au « Novichok », une substance chimique neurotoxique de l’ère soviétique, autrefois utilisé par l’armée.

Le gouvernement du Royaume Uni n’a pas fourni la moindre preuve permettant de lier la Russie à ce crime, mais se dit certain qu’il ne pouvait pas y avoir d’autre « explication raisonnable » à la tentative d’assassinat. La Grande Bretagne était si convaincue de sa théorie russe qu’elle n’a pas perdu de temps pour prendre des « sanctions » contre le pays, en expulsant rapidement des diplomates en poste à Londres. Peu après, de hauts fonctionnaires de la capitale anglaise ont fait appel à l’OTAN et à leurs alliés européens, qui ont immédiatement apporté leur soutien.

Les accusations que les pays occidentaux ont vomi sur la Russie se fondent sur des arrière-pensées du genre de celles dont usent les  Chinois quand ils disent « il est possible que » pour saisir l’occasion d’exprimer ce qu’ils désirent. Aux yeux d’un tiers, les principes et la logique diplomatique censés étayer ces efforts extrémistes sont nuls, pour ne rien dire du fait qu’expulser simultanément autant de diplomates russes est une forme de comportement singulièrement vulgaire. De telles actions n’ont pratiquement d’autre résultat que d’augmenter l’hostilité et la haine entre la Russie et ses homologues occidentaux.

Sur l’empoisonnement des Skripal, le gouvernement du Royaume Uni avait le devoir de faire procéder à une enquête indépendante par des représentants de la communauté internationale. Un effort de cette sorte eût apporté des résultats assez décisifs pour que ceux qui suivent cette affaire puissent être sûrs de qui doit ou ne doit pas être accusé du crime. Il se trouve que la majorité de ceux qui soutiennent la conclusion unilatérale de la Grande Bretagne sont membres de l’OTAN et de l’UE, et que les autres s’alignent sur le Royaume Uni en vertu de relations spéciales de longue date.

Le fait que d’importantes puissances occidentales puissent se liguer pour prononcer un jugement contre un État étranger sans suivre les procédures auxquelles se plient tous les autres pays, sans tenir compte des principes fondamentaux du droit international, fait froid dans le dos. Pendant la guerre froide, pas une nation occidentale n’aurait osé se livrer à une telle provocation, et pourtant, aujourd’hui, nous en voyons s’y livrer avec une désinvolture débridée.  De telles actions ne sont rien d’autre qu’une forme occidentale de grossières manœuvres d’intimidation. Elles sont une menace pour la paix et la justice dans le monde.

Ces dernières années, les normes internationales ont été falsifies et manipulées à n’en plus finir. La raison fondamentale, derrière cet amoindrissement des normes internationales a ses racines dans les disparités de puissances héritées de la guerre froide. Les USA ont, avec leurs alliés, substitué leurs ambitions aux normes reconnues, si bien que leurs actions, qui étaient censées suivre, comme les autres, un jeu de procédures et de protocoles régulier, n’ont plus été rien d’autre que des occasions de saisies de profits, conçues à leur seul bénéfice. Ces mêmes nations occidentales ont activé en pleine force des plateformes de mobilisation de l’opinion publique et des galaxies de médias, pour défendre et justifier les privilèges qu’elles s’accordaient.

Récemment, de plus en plus de nations ont été victimes de la rhétorique et des mesures diplomatiques insensées de l’Occident. Cela finit toujours par les dirigeants de ces nations se faisant clouer au pilori et marquer au fer rouge de slogans tels que « oppresseur de son propre pays », « régime autoritaire », « coupable de nettoyage ethnique », etc., au mépris de leur criante innocence.

 

13. The Meddler.jpg

Et la presse nazie des années 1940 n’a pas été inventée pour les chiens…

 

La manière dont les États-Unis se permettent aujourd’hui de traiter la Russie est au-delà du scandaleux. Leurs actes sont d’une frivolité et d’une témérité qui ont fini par caractériser l’hégémonie occidentale, dont la seule aptitude réelle semble être d’empoisonner les relations internationales. L’heure présente est le moment idéal pour que les nations non-occidentales resserrent leur unité et leurs efforts de collaboration les uns avec les autres. Il est nécessaire que ces nations établissent un niveau d’indépendance qui les mette hors d’atteinte de l’influence et des manigances occidentales. Il faut qu’elles brisent les chaînes des déclarations monopolisatrices comme des adjudications prédéterminées, et qu’elles attachent enfin la valeur qu’elles méritent à leurs propres capacités de jugement.

Inutile de préciser que mener à bien de tels efforts collectifs internationaux est plus aisé à dire qu’à faire, parce qu’ils exigent un soutien fondamental avant que rien puisse se produire. Jusqu’à ce qu’une nouvelle ligne d’alliés émerge, les associations internationales comme les BRICS ou l’Organisation pour la Coopération de Shanghaï doivent apporter davantage de valeur à ces nations non-occidentales, et commencer déjà à nouer activement des alliances avec elles.

Ce que la Russie est en train d’expérimenter en ce moment devrait servir à faire réfléchir à la manière dont les nations non-occidentales peuvent s’attendre à être traitées dans un avenir plus ou moins proche. Expulser des diplomates russes en grand nombre n’est guère susceptible d’impressionner la Russie. C’est, par-dessus tout une tactique d’intimidation qui est devenue emblématique de l’arrogance des pays occidentaux mais de telles mesures ne sont pas soutenues par le droit international et injustifiées. Plus sérieusement, il faut que la (vraie) communauté internationale acquière les voies et les moyens de contrebalancer ce genre d’actions.

L’Occident n’est qu’une petite fraction du monde et n’est plus en rien l’acteur planétaire qu’il a pu croire qu’il était. Les minorités réduites au silence de la communauté internationale doivent se rendre compte de tout ceci et prouver à quel point ils ont compris en le faisant savoir au reste du monde par des actes. Dans cette affaire Skripal, le grand public ne connaît pas la vérité et le gouvernement britannique n’a pas encore produit la moindre bribe de preuve justifiant ses allégations contre la Russie.

Nous croyons ici fermement que les accusations portées par un pays contre un autre sans être le résultat d’une enquête professionnelle rigoureuse relève d’un comportement non-civilisé qu’il convient d’abolir immédiatement

 

D’après mon expérience, la Chine – même dans des éditoriaux du Global Times qui sont officieux – exprime invariablement ses vues en termes mesurés, préférant éviter les brutalités de langage, même si elle s’arrange toujours pour se faire comprendre clairement.

Cet éditorial est différent en ce qu’il montre la profondeur du ressentiment chinois pour la manière dont les puissances occidentales se sont conduites ces dernières semaines, que l’éditorial qualifie de « comportement non civilisé ».

Même une très courte visite en Chine, comme celle que j’y ai faite au mois d’août, suffit à faire comprendre l’importance que les Chinois accordent aux mots « comportement civilisé » et quelle force peut donc avoir, sur ce point, une critique venant d’eux.

Je soupçonne qu’une fois que la poussière sera retombée sur l’affaire Skripal, on verra clairement que son principal effet aura été de rapprocher la Chine et la Russie davantage encore qu’elles ne l’étaient déjà.

Source : http://theduran.com/furious-china-ramps-support-russia-sk...

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

 

4. mariane pince à linge.gif

 

Et ne perdons pas le moral : une image vaut parfois des tonnes de gloses :

 

14.  MACRON ET L'AUTRE - Copie.jpg

 La France, pays aux 300 fromages +  un !

 

15. Bon voyage.jpg

        Vous vous souvenez de Muntadhar al Zaidi ?

 

 

 

Mis en ligne le 1er avril 2018

 

 

 

 

23:51 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

29/03/2018

LA NOUVELLE CAMPAGNE DE RUSSIE - II.

1. Chinese Navy on the rise.jpg

 

 

La nouvelle campagne de Russie

II.

 

La Chine applaudit la victoire de Poutine, soutient la Russie dans l’affaire Skripal, salue le « partenariat stratégique » de la Chine avec la Russie

Des messages de soutien à la Russie et à son « partenariat stratégique global et collaboratif » affluent de Chine

Alexander Mercouris – TheDuran26 mars 2018

 

[Qu’on nous pardonne d’écrire systématiquement « sanctions » entre guillemets : les actes de guerre ne sont pas des sanctions, lesquelles sont, par définition, la rétribution d’actes délictueux. Histoire de respecter la langue française. NdGO]

 

2. china-russia.jpg

Le président chinois Xi Jinping (G) accueilli par son homologue russe Vladimir Poutine (D), lors de la cérémonie inaugurale de « L’année du tourisme chinois en Russie », à Moscou, le 22 mars 2013. Le président tout nouvellement élu Xi Jinping était arrivé dans la capitale russe pour sa première visite à l’étranger après son élection. Les deux présidents se préparaient à superviser la signature d’un certain nombre de contrats énergétiques et d’investissements divers, y compris un accord qui allait voir la Russie augmenter considérablement ses fournitures de pétrole à la Chine.

Le président Xi Jinping vient d’être réélu à la présidence chinoise (le 17 mars 2018) et Vladimir Poutuine à celle de la Fédération de Russie (le 18 mars 2018).

 

La victoire électorale massive du président Poutine et les retombées de l’affaire Skripal ont fourni au Global Times – un journal en anglais publié sous les auspices du Quotidien du Peuple, l’organe officiel du Parti Communiste Chinois et reflétant par là les vues de la direction chinoise – l’occasion d’apporter à la Russie un soutien énergique, au moment où elle se retrouve en butte à de nouvelles pressions occidentales.

Le premier éditorial, publié le 16 mars 2018 sous le titre « L’Occident espère blesser, intimider la Russie », faisait savoir clairement que la Chine prend parti pour la Russie sur le traitement de l’affaire Skripal.

 

Cette nouvelle volée de « manoeuvres d’intimidation » de la Russie par les États-Unis et leurs alliés européens est tout à fait soudaine et grave. Londres a délibérément ignoré toutes les procédures diplomatiques de règle pour lancer un ultimatum à Moscou et commencer à mettre en place des « sanctions ». On dirait une course contre la montre.

(C’est moi qui souligne)

 

Le second editorial, publié le 19 mars 2018 sous le titre « Les sanctions occidentales augmentent les soutiens à Poutine » ne dit rien d’autre, mais le fait de façon plus incisive :

 

Avant l’élection qui vient d’avoir lieu, le Royaume Uni a lance un ultimatum au Kremlin d’avoir à rendre des comptes pour l’empoisonnement d’un ex-agent russe sur le territoire britannique, sans la moindre preuve. C’était une humiliation pour Moscou.

(C’est moi qui souligne)

 

Les deux éditoriaux voient, dans l’affaire Skripal, une poursuite de la campagne occidentale entreprise pour saboter l’élection de Poutine, de manière à interrompre le parcours indépendant de la Russie.

Les deux éditoriaux lient l’affaire Skripal  à l’élection présidentielle russe qui avait lieu le 18 mars 2018.

Le premier éditorial – publié avant l’élection russe – présente les choses ainsi :.

 

On pense tout de suite à l’élection présidentielle russe prévue pour le 18 mars. La prise à partie de la Russie par l’Occident à ce moment précis est devenue un des facteurs principaux dans l’élection russe. Il est difficile de déterminer quelle partie de cet antagonisme reflète une sévérité réelle et laquelle est seulement destinée à peser sur l’élection russe.

Les deux ans passes ont constitué la période la plus éprouvante des relations de la Russie avec l’Occident. L’amélioration de leurs relations d’après la guerre froide a fondu comme neige au soleil. En même temps, la Russie d’aujourd’hui, sans états satellites, ne peut se comparer avec la force de l’Union Soviétique, lorsqu’il lui faut faire face aux pressions stratégiques du camp occidental….

Les analystes croient que Poutine gagnera l’élection sans le moindre doute, et que les « sanctions » occidentales offriront même un nouvel élan à ceux qui le soutiennent. Mais il est possible que certains, parmi les « élites » occidentales, pensent le contraire et souhaitent réduire les votes de Poutine ou à tout le moins saboter son autorité, au moyen d’une nouvelle volée de « sanctions » qui pourraient mettre la pression sur le public russe.

(C’est moi qui souligne)

 

Le second éditorial – publié après la victoire électorale éclatante du président Poutine – exprime la même conviction, tout en notant que le plan destiné à saboter le soutien à Poutine a échoué, la campagne anti-Poutine en cours ne réussissant au contraire qu’à souder davantage encore la société russe derrière lui :

 

Les six dernières années ont vu se produire les conflits les plus intenses entre la Russie et l’Occident depuis la fin de la guerre froide, et les pays occidentaux ont imposé de sévères « sanctions » à Moscou. Au cours de la même période, le prix du pétrole a été maintenu au plancher. L’économie russe a ainsi dû faire face à un double coup dur. L’accroissement obligé de ses dépenses en matière de défense nationale a diminué d’autant les fonds que le gouvernement russe pouvait investir pour améliorer le niveau de vie de ses populations. La logique politique occidentale était la suivante : même si Poutine reste en place, les soutiens dont il dispose diminueront.

Mais l’élection vient de prouver le contraire. Il semble que le peuple russe attribue en général les difficultés actuelles de la nation aux pressions et aux « sanctions » dont l’abreuvent les Occidentaux, et qu’il voit dans Poutine celui qui défend ses intérêts, persuadé que, sans lui, la situation serait encore pire.

(C’est moi qui souligne)

 

Les deux éditoriaux notent que l’économie russe s’est avérée hautement résistante aux « sanctions » occidentales, et ils expliquent tous les deux pourquoi

Le premier éditorial dit que « la richesse de la Russie en  ressources naturelles lui permet de se suffire largement à elle-même dans sa lutte contre les “sanctions” ».

Le second éditorial entre davantage dans les détails :

 

Des « sanctions » contre la Russie… auront… économiquement… peu d’effet. L’économie russe est revenue à une modeste croissance en 2017. La Russie peut se vanter de posséder de riches ressources, des intellectuels de haut niveau et d’avoir accompli, pendant l’ère soviétique, d’abondantes percées technologiques. Ce n’est pas une nation qu’on puisse assiéger à mort..

 

Le Global Times s’applique alors à en tirer les leçons pour la Chine, qui commence elle-même à subir des pressions économiques de la part des USA.

Premièrement, comme le premier éditorial le fait remarquer, l’Occident est aussi capable d’appliquer des « sanctions » à la Chine qu’à la Russie..

 

Les pays occidentaux se sont mis en roue libre pour imposer à la Russie des « sanctions » dont ils ne voyaient pas de quel prix elles pourraient être pour eux.

L’attitude agressive des pays occidentaux à l’égard de la Russie ressemble à leur unité face aux défis géopolitiques et de valeurs, et ce malgré leurs problèmes à l’intérieur de leur propre camp. N’importe quel concurrent non-occidental pourrait devenir leur cible commune, en vertu de l’ordre actuel du monde

Toutes les forces indépendantes, y compris la Chine, sont exposées à de tels risques.

(C’est moi qui souligne)

 

Deuxièmement, la Russie a réussi à résister aux pressions de l’Ouest, en partie grâce à ses « riches ressources naturelles – c. à d. son autonomie économique – mais aussi grâce au fort esprit national de son peuple :

 

Les puissances occidentales devraient réfléchir au fait qu’elles ne se dressent pas contre le seul Poutine mais contre toute la nation  russe qui a défait Napoléon et Hitler et qui n’a peur de personne. Le patriotisme et l’estime de soi de citoyens d’une puissance majeure sont omniprésents dans le peuple russe. Quand l’Occident combat ces sentiments, ses efforts sont frappés de nullité…

Les « sanctions» contre la Russie ont échoué politiquement parce qu’elles n’ont fait que favoriser l’unité de la société russe…

Les discussions sur ce que sera la transition russe vers une ère post-Poutine ont déjà commencé dans les pays occidentaux, mais ils ne comprennent rien à la Russie s’ils ne comprennent pas que l’émergence de Poutine n’a pas été un accident. La vérité, c’est que Poutine représente l’intérêt national du pays. Le soutien qu’il s’est acquis représente le soutien du peuple russe à son propre intérêt national.

 

L’implication est assez claire : pour que la Chine soit capable de résister aux pressions occidentales – dont je soupçonne que la direction chinoise croit que l’application à elle-même n’est qu’une question de temps – la Chine a besoin des deux mêmes choses qui ont permis à la Russie de résister victorieusement aux pressions occidentales : un fort esprit d’unité nationale et une autosuffisance économique.

Après ma visite en Chine d’août dernier, je n’ai aucun doute quant à l’esprit d’unité nationale du peuple chinois. Cependant, ces mots du second éditorial ont indubitablement pour but de rappeler au peuple chinois le prix qu’il lui faudra payer si jamais il le perd et succombe aux sirènes occidentales..

 

Il fut un temps où Moscou essaya de s’intégrer à l’Occident. Perdre l’Union Soviétique fut le prix qu’il lui fallut payer pour cela. Mais en fin de compte son enthousiasme fut snobé par l’Occident. L’expansion de l’OTAN en Europe de l’Est fut largement considérée par le peuple russe comme une trahison occidentale consécutive à la désintégration de l’URSS. Aujourd’hui, la société russe est remplie du désir de voir son pays se relever de cette erreur.

 

En ce qui concerne l’autosuffisance économique, la Chine, quoique possédant une économie d’un ordre de magnitude beaucoup plus important que celui de la Russie, n’est pas, économiquement, totalement autosuffisante.

Quoi qu’il en soit, le Global Times indique la solution, qui se trouve être une relation encore plus étroite avec la Russie.

 

Le partenariat stratégique global et collaboratif Chine-Russie a aussi fait en sorte que l’Occident échoue à contenir aussi bien Pékin que Moscou.

(C’est moi qui souligne)

 

En d’autres termes, l’alliance Russie-Chine garantit la sécurité des deux pays, face aux pressions de l’Occident.

La Russie peut se tourner vers la Chine pour compléter ses ressources financières. La Chine peut se tourner vers la Russie pour ses besoins en nourriture, en énergie et en matières premières.

Bien que les deux éditoriaux ne le disent pas, et la question n’est jamais évoquée publiquement, le but principal de l’« Initiative – une Route – une Ceinture » du président Xi Jinping est de lier les économies de la Chine et de la Russie, avec le président russe Vladimir Poutine comme partenaire essentiel du président Xi Jinping dans toute l'entreprise.

Le président Poutine y a fait allusion dans son message de félicitations au président Xi après sa récente réélection à la présidence de la Chine.

 

 « Cette décision du Congrès National du Peuple Chinois est encore une preuve de votre grande autorité, une reconnaissance de vos efforts pour assurer un développement socio-économique dynamique à votre pays et pour protéger ses intérêts sur le théâtre du monde » a souligné le président russe.

Vladimir Poutine a salué le niveau sans précédent récemment atteint par les relations entre la Russie et la Chine, dans une large mesure, grâce aux efforts personnels de Xi Jinping. Ces relations sont devenues un véritable exemple d’égalité et de coopération mutuellement bénéfique entre deux pouvoirs dirigeants.

Le président de Russie a fait savoir à son homologue qu’il serait heureux d’avoir d’autres occasions de le rencontrer et a exprimé sa confiance dans le renforcement futur, grâce à leurs efforts réciproques, du partenariat stratégique global et coopératif, auquel seront ajoutés des contenus nouveaux qui contribueront à la prospérité des deux peuples amis et à une sécurité et une stabilité plus grandes dans le continent eurasien et dans le reste du monde.

 

Le président Xi Jinping a exprimé  des voeux réciproques dans son message de félicitations du lendemain au président Poutine, pour sa réélection à la présidence de la Fédération de Russie.

Dans son message, Xi a dit que, ces dernières années, le peuple russe s’est uni comme un seul homme pour avancer fermement sur la voie du renforcement de la nation, pour accomplir son rajeunissement et son développement et pour lui faire jouer un rôle constructif dans les affaires internationales.

Il a également dit sa conviction que la Russie allait être définitivement capable de continuer à s’acquérir de nouveaux titres de gloire en matière de développement national.

 « Actuellement, le partenariat stratégique global coopératif Chine-Russie est arrivé à son niveau le plus haut dans l’histoire, ce qui peut servir d’exemple pour construire un nouveau type de relations internationales basées sur le respect mutuel, l’équité et la justice, la coopération et les résultats bénéfiques pour tous, pour un avenir à partager entre toute la communauté humaine », a dit Xi.

 « La Chine est prête à travailler avec la Russie pour continuer à favoriser les relations Russie-Chine jusqu’à un niveau encore plus élevé, à être une force agissante du développement national respectif dans les deux pays, et à favoriser la paix et la tranquillité dans la région et dans le monde », a-t-il encore affirmé.

 

Je voudrais terminer en mentionnant le langage remarquablement exhaustif dont use le Global Times pour décrire les relations actuelles entre la Russie et la Chine.

Ce qui fut jadis appelé un « partenariat stratégique » est devenu, il y a quelques années un « grand partenariat stratégique ».

À présent, le Global Times parle de « partenariat stratégique global et collaboratif ». Notez que le président Poutine et le président Xi l’appellent « partenariat stratégique global coopératif » dans leurs télégrammes respectifs. Il semble donc que ce soit désormais la formule consacrée pour décrire leur relation.

Je me demande pendant combien de temps encore les Chinois et les Russes continueront à prétendre que leur relation est autre chose que ce qu’elle est de toute évidence et qui se résume en un seul simple mot : une alliance.

 

Source : http://theduran.com/china-hails-putin-win-backs-russia-sk...

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

 

 

2. Aigle au chapeau.GIF

 

 

3. Littér. vagabondes.jpg

 

On le saura que les Grosses Orchades sont jusqu’en haut des mâts dans Malaparte. Quand on est en retard de lectures, notre avis est qu’il faut y aller à fond, sous peine de rater quelque chose. Vous devriez encore le retrouver ici et là sur ce blog, surtout en ce centenaire de « L’Armistice », dont il fut à la fois un acteur et un spectateur, mais peut-être pas seulement.

Aujourd’hui, il nous a semblé opportun de lui emprunter un passage de ses carnets de route en Chine.

C’était en 1956. Il lui restait huit mois à vivre, dont plusieurs dans un poumon d’acier.

On l’avait chargé de représenter l’Italie des lettres aux commémorations du vingtième anniversaire de la mort de Liou Siun, illustre écrivain chinois inconnu par ici mais – chic ! – on a d’Ormesson…

Après quelques escales en Russie et, au passage, une appréciation de Staline qui n’a pas dû le mettre en odeur de sainteté nulle part en ces temps d’irrésistible ascension krouchtchévienne et d’alignement de ce PCI où on le disait si désireux d’entrer, Malaparte a voulu voir et comprendre autant qu’il pouvait de la Chine. Bien sûr, nous l’avons déjà dit : il n’a connu ni le grand bond en avant ni la révolution culturelle. Ni la guerre froide. N’empêche que cet instantané de 1956 prend une singulière importance, à la lumière des développements d’aujourd’hui.

Retour du grand reporter qui, d’où qu’il écrivît, faisait toujours grimper les tirages des journaux qui le publiaient.

[Le Hong Sing dont il est question ici est l’interprète chinois qui l’accompagnait partout – « un jeune homme sympathique, de Canton », pour qui l’Italien idéal était un autre écrivain, Francesco Flora, grand amateur d’œufs de cane, qui lui avait appris à chanter Ô sole mio, l